16 juin 2006
Mais la télé, elle marche chez toi ? — ou comment notre jeune héros s’est retrouvé en Afrique en allant s’en jeter un au Bistrot d’À Côté...
Depuis vendredi dernier et jusqu’au neuf juillet, c’est la coupe du monde. Du foot en veux-tu en voilà à foison, jusqu’à satiété et même plus si affinités — c’est-à-dire jusqu’à la nausée, l’indigestion ou la régurgitation, c’est selon...
Alors, non — rassurez-vous — je ne m’apprête nullement ici à vous expliquer ni mon amour du football, ni ma profonde aversion pour le ballon rond, pas plus que je ne vous ferais l’historique des résultats de telle ou telle équipe, ou la liste d’activités possible pour échapper à la déferlante du phénomène. Après tout chacun a son avis sur la question et je suis certain que rajouter le mien à cette liste déjà trop longue ne servirait à rien, non.
Quant à vous donner des pronostics ou quoi que ce soit de cet ordre, sachez que, d’une part, il en est absolument hors de question, et d’autre part j’en suis totalement incapable.
Bon par contre — et pour être tout à fait honnête avec toi, mon cher lecteur attentif et assidu que j’ai délaissé pendant quasiment une semaine... — je peux tout de même vous dire que je suis un tout petit peu amateur de foot. Pas des masses non plus, non. Pas le genre à suivre le championnat journée après journée et à angoisser comme un dingue si à l’heure à laquelle commence un match avec son équipe favorite il ne se trouve pas à moins de cinquante mètre d’un écran de télévision, non — je dis ça parce que j’en connais des comme ça, je te jures...
Et donc Vendredi après-midi dernier, après avoir enfin réussi à poster la note précédente, depuis le café Internet, je me suis dit, n’ayant rien d’autre à faire de mieux, que j’avais bien envie de voir le match d’ouverture.
Il faut te dire qu’au Bistro d’À Côté ils ont acheté un écran exprès pour. Alors bon forcément, aller voir le match là-bas, ça semblait être une bonne idée au départ...
Bon lorsque je dis écran, il ne faudrait pas tout de suite vous imaginer un truc fou, hein. Non parce que évidemment, moi aussi, lorsqu’ils ont annoncé qu’ils allaient s’équiper pour la coupe du monde, j’ai tout de suite imaginé — comme tu viens de le faire, je le sais, ne me mens pas, je vois clair dans ton jeu, mon tendre lecteur... — qu’ils allaient investir dans de l’écran plasma haut de gamme, avec un minimum de 109 cm de diagonale au niveau des dimensions, et des enceintes capables de rendre sourd — a minima — tous les habitants de l’arrondissement réunis.
Mais bon, ils ne sont pas comme ça au Bistrot d’À Côté. J’avais oublié.
Mais ça encore c’est pas le plus drôle.
J’arrive là-bas sur les coups de cinq heures et demi, me pose, et commande un Coca Light. L’écran n’est pas encore allumé. Et apparemment il y a quelques problèmes d’ordre technique à régler avant de pouvoir espérer regarder quoique ce soit... Ils sont cinq ou six à s’acharner autour de l’écran, mais, visiblement, ils ne savent pas du tout quoi faire à part constater le fait que cela ne marche pas. Je réussis à poser à l’équipe de techniciens improvisés et incapables quelques questions, et arrive enfin à cerner l’origine du problème. C’est l’antenne. Ou plutôt l’absence de prise d’antenne qui est en cause.
Car, non contents d’avoir acheté un écran à la limite de la légalité douanière en vigueur dans ce pays, mes camarades du Bistrot d’À Côté n’ont pas jugé réellement utile de se préoccuper de savoir comment faire pour qu’il y ait une image à l’intérieur du poste. Mais tout ceci n’aurait que peu d’importance s’ils n’avaient eu la bonne idée de s’en rendre compte une demi-heure seulement avant le match d’ouverture de la Coupe du Monde de Football, raison pour laquelle — je le rappelle pour les cancres — ils s’étaient équipé d’un tel écran.
Ils en étaient à raccourcir la rallonge du câble d’antenne au couteau à steak — je te jures que je n’en rajoute pas — lorsque F., le patron, craignant que l’assemblée ne se décide à changer de crèmerie — étant donné la désormais très faible probabilité de voir la moindre image apparaître sur l’écran de télé avant le retour de la gauche au pouvoir — se décida à prendre la parole et à annoncer l’arrivée imminente du messie en la personne du voisin du dessus qui avait promis qu’il laisserait un libre accès à sa prise d’antenne...
Mais quand mon voisin de tablée — que nous appellerons Gé***, parce que c’est son nom — demande au Patron quand le voisin est sensé arriver, étant donné que le coup d’envoi est tout de même sensé — lui — être donné dans moins d’un quart d’heure, nous commençons à comprendre, Gé*** et moi que nous ne sommes tout de même pas près de voir le moindre ballon se ballader sur l’écran. En effet F. élude la question. Puis demande à quelqu’un d’autre, qui lui même ne sait pas quoi répondre d’autre que de se demander s’il n’est pas déjà là. Bien entendu personne n’a pris la peine de prendre son numéro de téléphone, et, personne ne semble capable de dire si il est présent dans l’immeuble, en train de bosser ou de rentrer du boulot, ou bien même au Caraïbes ou sur la route de Cabourg à bord d’une décapotable rouge accompagné d’une sublime blonde à ses côtés — à moins que ce ne soit l’inverse...
En attendant l’hypothétique arrivé du non moins hypothétique voisin, la sympathique et très peu efficace — et oui, c’est un doux euphémisme — équipe de techniciens autoproclamés continue à essayer d’obtenir la syntonisation des canaux depuis un cable d’antenne relié à rien...
Et contre toute attente, le Messie arriva enfin. Vous imaginerez très bien l’accueil triomphal qui fut réservé au voisin, au point même que — la liesse l’emportant — F. et ses acolytes en oublièrent presque de mettre en pratique ce fameux « plan B » attendu par une assemblée de plus en plus nombreuse, à mesure que l’heure du coup d’envoi approchait.
Et en même temps, Le narrateur ne peut s’empêcher de penser que, dès ce moment-là, quelque chose commençait à merder grave — pour rester dans les mesures acceptables de la bienséance — pour la simple raison qu’en règle générale, le Messie n’est jamais reconnue de son vivant que par une très faible minorité des personnes qu’il est venu sauver...
Le voisin, comprenant enfin la relative urgence de sa nécessaire intervention entreprit de monter chez lui, non sans avoir, dans un premier temps, oublié de prendre le câble de l’antenne. C’est à partir de ce moment-là que nous avons plongé dans une dimension légèrement parallèle par rapport à la réalité où la majorité de nos concitoyens ont l’heur d’évoluer.
Le voisin penché sur son balcon, commença à faire descendre le câble de l’antenne depuis le deuxième étage, pendant qu’en dessous un des techniciens décérébré essayait de le récupérer en tentant d’éviter que celui-ci ne vienne finir sa chute dans le verre de bière du malencontreux client assis à la, désormais, plus mauvaise place de la terrasse. Il faut bien évidemment prendre en compte le fait que — suite aux nombreuses manipulations précédentes de l’équipe d’incompétents et néanmoins chaleureux techniciens — le câble était totalement emmêlé, et que par conséquent, sa descente s’effectua avec une lenteur toute inopinée, vu la longueur redoutablement ridicule qui séparait le balcon du voisin de la télévision.
Mais bon, comme dit le proverbe : Tout vient à point à qui sait attendre, et après quelques minutes inénarrables le câble était enfin arrivé à sa destination, c’est-à-dire la prise d’antenne situé dans le dos de l’écran. Un des gars le branche, puis commence à lancer la recherche automatique des canaux.
Mais rien ne se passe.
Et quand je dis « rien », je pense « rien ».
Alors bon, étant donné que les désormais douze types s’acharnant à essayer de faire marcher la bête ne comprenait visiblement rien à la situation, Gè*** pris sur lui de demander au Patron de vérifier que le voisin ait bien pris le soin de brancher le bout du cordon resté présent dans son humble demeure à la prise d’antenne de celle-ci. F. n’écoutant que son courage — et commençant sérieusement à craindre de passer pour un blaireau auprès de sa clientèle à qui il avait abondamment fait la publicité de l’écran — fonça dehors et, interpellant le voisin depuis le milieu de la rue, arriva à avoir confirmation de la bonne connexion du câble, non sans provoquer chez moi un fou rire supplémentaire...
La scène commençait à tourner réellement au grotesque car, pendant ce temps, une partie des gars lançait une seconde syntonisation des canaux, pendant que l’autre discutait sérieusement de la pertinence du couteau à steak pour remédier la situation.
Déprimé, dépité, et de très mauvaise humeur, le patron mit un terme — provisoire — au bordel ambiant en demandant au gars de débrancher le câble, puis en demandant au voisin de remonter celui-ci, finissant de dégoûter le malheureux client de la terrasse...
Pendant ce temps Gé*** et moi n’arrêtions pas de nous étonner et de nous marrer de l’amateurisme total de l’équipée œuvrant au Bistrot d’À Côté, tout en faisant le diagnostic — assez simple je vous le concède — que la « panne » le pouvait avoir que deux sources différentes. Soit c’était le tuner de l’écran maroco-sino-coréen qui était en cause, incapable qu’il était de détecter la présence d’un signal, soit c’était l’antenne collective qui était en cause, s’il était avérée qu’elle existait réellement.
Gé*** ayant tout de même l’envie d’en avoir le cœur net, demanda au voisin lorsque celui-ci redescendit au café la chose suivante :
Gé*** : - Mais, dis-moi ; la télé, chez toi, elle marche bien ou pas ?
Voisin : - Ah bah, je sais pas, j’ai jamais essayé. J’ai pas la télé, moi.
...
Tu t’imagines bien — mon cher lecteur attentif, assidu et malin comme tu l’es — que le fou rire qui suivit cette réplique restera encore longtemps gravé dans les tympans des différents clients du Bistrot d’À Côté...
Devant tant de n’importe quoi n’importe qui de normalement constitué aurait jeté l’éponge et déserté le bistrot, terrassé par l’incomensurable grandeur de l’incompétence, de la bêtise et de la poésie surréaliste de la situation. C’était l’Afrique. Ils sont plein de bonne volonté au Bistrot d’À Côté, ce n’est pas ça le problème, mais c’est juste qu’au niveau pratique, ils ont encore quelques efforts à produire...
Mais — au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, cher lecteur manquant de temps à autre d’à propos — votre serviteur n’a pas pour habitude de se prendre pour n’importe qui, ni de désespérer aussi facilement de la capacité de ses congénères à vivre en accord avec la réalité...
Mettant en pratique ce principe, je réussis à obtenir l’attention du Patron des lieux — un exploit, soit dit en passant, tant il était occupé à s’énerver tout seul, presque résolu qu’il était à foutre en l’air l’écran qu’il incriminait — pour lui expliquer que la seule solution s’ouvrant à lui était d’acheter un décodeur TNT ainsi qu’une antenne idoine, s’il ne voulait pas se ruiner à payer l’installation d’une antenne râteau. Au bout de quelques minutes d’âpres échanges, où j’arrivais à lui faire comprendre ce qu’est un décodeur TNT — ou pour le moins de lui faire accepter l’idée que ce n’est pas un dangereux explosif... — F. se rendit compte que c’était là sa seule chance de garder un semblant de dignité face à ces clients amateurs d’événements sportifs à caractère universel ou tout du moins mondial.
Je lui expliquai donc — pour la quatrième fois dans la même minute, mais bon nous n’étions plus à ça près — qu’il pouvait se procurer l’antenne et le décodeur dans une des boutiques de hi-fi du quartier, et F. était déjà quasiment parti, quand il se retourna pour me demander :
- C’est quoi déjà ce que je dois acheter ? Redis-moi.
Sentant qu’il n’y avait que peu de chances qu’il réussisse à s’en sortir tout seul je décidai de l’accompagner, et malgré quelques retardements dus, entre autres, à l’organisation foireuse et du magasin où nous allâmes acheter le matériel et à celle non moins foireuse du patron du Bistrot d’À Côté, nous réussîmes à ramener assez rapidement le décodeur ainsi que l’antenne au Bistrot.
Là, l’installation prit un eu plus de temps que cela n’aurait dû, car malgré un bon début en solo, je me vis adjoint de quatre ou cinq acolytes, donnant leurs avis à torts et à travers, racontant les pires absurdités sur le fonctionnement des dits appareils. Et puis, je ne sais pas si cela vous fait le même effet, mais souvent, lorsque je suis entouré d’autant d’incompétence, cela à tendance à influer et sur mes facultés de concentration, et sur mes facultés tout court...
Au final, après quelques essais de placement de l’antenne, je réussis, avec l’aide de Fr*** à faire fonctionner cet écran, et à faire apparaître le match.
Autant vous dire que cette soudaine incursion de l’image télévisuelle, en couleur qui plus est, au beau milieu de la brousse qu’était devenu ce petit bout de quartier parisien, n’eût rien — ou presque — à envier à l’effet que fit l’arrivé du train en gare de La Ciotat...
Fêter dignement comme le sauveur et le libérateur que j’étais, je restais savourer ma nouvelle gloire, sans pour autant m’attarder trop longtemps ce soir-là, devant préparer ma valise pour mon départ du lendemain.
Je n’osais pas imaginer de devoir vous en parler avant que, le lendemain, dans le train m’emmenant vers l’Océan, je ne reçusse un coup de fil du patron du Bistrot d’À Côté, me demandant de passer de toute urgence, pour rebrancher la télé, car il ne se souvenait plus du tout comment il fallait faire...
03:03 Publié dans D'un verre à l'autre, Pour le plaisir... | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : *de tout et de rien*, football, coupe du monde, afrique, Le Bistrot d'À Côté
14 mai 2006
Le Paradis – Approche impressionniste.
J’ai huit ans. Nous sommes en vacances, et comme tous les étés nous sommes en Corse.
Non, en fait nous ne sommes pas en Corse, nous sommes au Paradis.
Mais pour des raisons que jusqu’à l’heure actuelle je n’ai pas réussi à complètement expliciter, les adultes — Les « grands » comme ils s’appellent quand ils me parlent, ou « les vieux » quand mes frères en parlent et que je les écoute en cachette — ont décidé d’appeler le Paradis du nom bizarre de « Corse ». Je sais vraiment pas pourquoi, moi. Ils vont vraiment des trucs étranges, dès fois.
Comment vous décrire le Paradis ?
Bah, si vous ne savez pas ce que c’est, vous aurez du mal à vous imaginer.
Il y a la maison. Il y a le parc autour de la maison. Il y a la terrasse de la maison qui plonge directement dans la mer. La grille du parc que je vais ouvrir en descendant de la voiture, et que je referme une fois que mon père à rentrer la voiture dans le parc de la maison. Il y a « la petite maison » — où nous irons quelques années plus tard quand mon père aura commencé à se rendre compte qu’il n’est pas milliardaire. Il y a mes cousins dans la petite maison. Il y a aussi des souris, mais pour l’instant je ne les vois pas. Il y a ce robinet d’eau au milieu du parc sous les pins. C’est un robinet tout con, en fer, pas beau du tout, mais c’est là que je bois de l’eau quand je suis assez grand et que j’ai décidé de dormir sous la tente. Il y a un Olivier sur la Terrasse qui domine la mer. Il y a La chambre de mes parents, avec ses tentures roses aux murs, la salle de bain, et les toilettes dans la salle de bain, où tant de fois, cette saloperie d’araignée a bien été à deux doigts de me faire chialer. Dans la chambre il y a la Chambre Forte, sorte de dressing-room qui possède une porte blindée. C’est une pièce qui me fait peur, et que j’aime bien. Je sens bien qu’il y a plein de secret dans cette petite pièce-là. En plus c’est là que mon père range ses trésors, aux nombres desquels le plus cher à mes yeux est cette paire de jumelles que depuis j’ai récupéré, et qui reste, encore aujourd’hui, caché, quelque part dans mon appartement. Il y a les petits-déjeuners qui n’en finissent jamais sur la terrasse de la maison qui domine la mer. Il y a Les œufs Papas. Parce que en été c’est mon père qui prépare le petit-déjeuner. Il y a le pain perdu que me prépare Arlette. Il y a Arlette bien sûr. Il y a les gaufres, aussi. Les crêpes. Les Diabolos Menthes avec le haut du verre incrusté de sucre que nous prépare mon frère J. Il y a les mûres que l’ont va récolter avec ma maman en rentrant de la plage, sur le petit chemin de terre entouré de ronces qui m’a tant impressionné. Il y a le petit de pont de bois au bout du chemin de ronce pour aller à la plage. Et dans le ruisseau que surplombe le petit pont de bois branlant, il y a des tortues qui m’ont toujours un petit peu effrayées. Il y a les interminables parties de Scrabble de mes parents sur la plage. Mais bon, comme ils n’ont jamais su jouer à aucun autre jeu, ils y jouent aussi le soir sur la Terrasse qui surplombe la mer, le midi au restaurant après avoir fini de manger, dans la journée quand l’orage a décidé de venir frapper. Il y a des grêlons gros comme des œufs quand l’orage à décider de venir frapper. Et puis une odeur incroyable pendant une ou deux heures après. Il y a le barbecue près de l’Olivier sur la Terrasse qui surplombe la Mer. Et ses odeurs de viande ou de poisson grillé. C’est depuis que j’aime tout ce qui est gras et salé et grillé et croustillant et croquant. Il y a les moustiques dès que la nuit commence à tomber. Il y a une collection de tactiques pour les éviter : Les lotions qui piquent la peau et les yeux que ma maman me mets. Les plaquettes bicolores que l’on met dans un appareil que l’on branche sur une prise et qui sont toutes carbonisées quand on oublie de les changer. Il y a les bougies qui sentent vraiment très mauvais. Il y a les tortillons verts rangés par deux dans des pochettes en papier. On les casse une fois sur deux lorsque on veut les détacher, sauf mon frère J. qui est très doué pour les séparer sans les casser. Il y a les soucoupes sous lesquelles il ne faut pas oublier de les poser sous peine de risquer de contrarier maman à cause de la cendre qui va tout dégueulasser. Il y a un instrument très bizarre qui siffle très aiguë et il y a ma maman qui est persuadée — Aujourd’hui encore ! — que ça va suffire à les faire fuir. Quand je lui demande pourquoi elle m’explique que ça imite le bruit de la Moustique femelle, qui est la seule à piquer, et que ça attire les Cousins, mais pas les autres femelles. Je me demande alors s’il existe des moustiques femelles qui sont attirés par des moustiques femelle. Je ne sais plus si j’ai posé la question. Il y a surtout un grilloir à moustique, qui fait de la lumière bleue et qui est tout électrifié. Mon père m’interdit de m’en approcher, mais moi je trouve ça super marrant de voir les insectes se cogner et se faire griller. Et puis il y a le bruit que cela fait et qui grésille encore à mes oreilles. Il y a les cigarettes que fument mes frères et sœurs et les amis de mes parents. Il y a l’odeur des petits cigares de mes parents. Il y a le chat qu’il faut garder enfermé dans la chambre de mon frère pendant les premières vingt-quatre heures. Il y a les Vogues Menthol d’Arlette qu’elle me fait crapoter en cachette, quand je vais lui rendre visite le soir dans sa chambre. Il y a les ballades que je fais avec elle au lever du soleil sur la plage. Il y a les parties de Tarot auxquelles se livrent mes frères et sœurs sur la Terrasse qui surplombe la mer quand mes parents sont partis se coucher. Il y a les étoiles de mer que mon père rapporte quand il va nager dans les rochers. Il y a le poisson et les langoustes que nous ramène Orlando. Il y a Orlando qui ressemble un peu au Capitaine Haddock, mais en plus rigolo. Il y a la pétrolette pétaradante et bleue d’Orlando qui est souvent garé près de la petite grille du Parc, celle qui donne directement sur le ponton et le petit port. Il y a le ponton d’Orlando sur lequel il y a marqué : Interdit. Propriété Privé. Mais sur lequel je m’aventure quand je veux puisqu’il m’y a autorisé. Il y a la cahute d’Orlando avec des photos jaunies où il y a un jeune homme qui ne lui ressemble plus depuis longtemps. Il ya l’heure de l’Apéro que je ne manque jamais. Orlando boit un Whisky-Perrier et moi un Whisky-Perrier-sans-Whisky. Il y a les bateaux d’Orlando, dont l’un des deux s’appelle Gertrude, comme sa fille. Il y a les Canadairs que l’on voit de temps à autre prendre de l’eau depuis la Terrasse qui surplombe la mer. Il y a le rire de mon père quand il m’entend rigoler parce qu’il me fait rire à chanter Voulez-vous Danser Grand Mère ? tout en m’apprenant à nager.
Vous arrivez un peu mieux à vous faire une idée ?
00:47 Publié dans En errance..., Pour le plaisir... | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
09 mai 2006
La Joute ne fait que commencer...
00:47 Publié dans Pour le plaisir... | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
06 mai 2006
Envie de printemps
09:22 Publié dans Pour le plaisir... | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
30 avril 2006
C'est bon pour la santé...
21:20 Publié dans Pour le plaisir... | Lien permanent | Commentaires (34) | Envoyer cette note
28 avril 2006
Petite chanson pour les oubliées de la caverne...
18:30 Publié dans Pour le plaisir... | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note




