27 juillet 2006

Les nuits sont parfois longues et difficiles

Les nuits sont parfois longues et difficiles.

Surtout en été.

Et surtout par cette chaleur.

 

Enfin...

 

C’est surtout compliqué quand le lendemain, tu es censé te réveiller tôt. Parce qu’il faut bien le dire c’est surtout cela qui risque de compliquer les choses... N’empêche que tu pourrais me dire, — et tu n’aurais pas forcément tort, note bien... — que je n’ai qu’à me coucher plus tôt... Et c’est sûr que d’une certaine manière cela réglerait beaucoup des problèmes auxquels je suis confronté. Le manque de sommeil par exemple, mais également une certaine dépendance — plus psychologique que physiologique encore à l’heure actuelle — à l’alcool consommé en bande à des horaires nocturnes, sans oublier un sérieux et profond problème de découvert financier, ainsi qu’une trop forte consommation nicotinique. Et encore, je suis certain d’en oublier pas mal...

 

Mais bon d’une certaine manière je pourrais aussi te rétorquer —  et d’ailleurs je ne m’en prive pas, car c’est ce que je m’apprête à faire — qu’en cette période de fortes chaleurs parisiennes j’ai un mal fou à pouvoir imaginer que je puisse trouver le sommeil à une heure décente, je veux dire avant deux ou trois heures du matin... Et c’est vrai ce que je te dis. En ce moment, c’est à peine si j’arrive à réellement me sentir vivant et apte à quoi que ce soit avant vingt-trois heures ou vingt-trois heures trente. Et cela complique réellement pas mal de choses, je t’assure.

 

Bon ceci dit, c’est un  peu compliqué pour moi de reprendre le fil de mes récits précédents après cette trop longue période de silence. Certains d’entre vous ont pu croire —  peut être —  que cela sonnait le glas du récit de mes aventures personnelles, ou qu’un quelconque événement extérieur m’avait rendu absolument incapable de m’atteler à l’écriture bi ou tri-hebdomadaire de mes petits billets ; et moi- même voyant avec quelle facilité j’abandonnais toute velléité d’écriture ces derniers temps, j’ai bien fini par croire, que je pourrais me passer facilement de cette joyeuse astreinte à laquelle je m’étais consacré activement les précédentes semaines.

 

Et puis bon, d’une certaine manière, il faut bien se rendre à l’évidence, je crois que j’aime bien cela. Et par conséquent je crois que je ne suis pas près de m’arrêter d’écrire, même si je ne peux pas promettre à qui que ce soit — et surtout à moi-même, et c’est bien là le seul véritable souci auquel je dois faire face, hein... — la moindre régularité dans l’exposé de mes aventures à caractère plus ou moins personnelles...

 

Et puis pour me trouver des excuses, il faut bien dire, que entre la coupe du monde, et mes activités professionnelles du mois de juillet, je n’avais que l’embarras du choix dans les dérivatifs auxquels j’ai pu me livrer.

 

Tout cela pour vous dire que les nuits sont longues en ce moment à Paris et qu’il n’y a que peu de raisons que cela s’arrête du jour au lendemain. Donc, sauf catastrophe extérieure qui aurait pour effet de réduire ma capacité à écrire à néant —  je ne sais pas, par exemple une amputation involontaire de mes des deux mains, suite à un pari stupide ou la survenu d’une météorite dévastatrice sur Paris... — vous aurez sûrement la chance de suivre mes aventures parisiennes et nocturnes sur cet écran. D’autant plus que l’avenir professionnel à brève échéance ne semble pas être — pour le moins —  véritablement encombré de nuages chargés d’occupations multiples, accaparantes et fortement rémunératrices.

 

Quoi qu’il en soit — et pour en finir avec cette petite mise en bouche — je voulais juste vous prévenir de l’arrivée de nouveaux personnages au Bistrot D’à Côté, et dans ses différentes dépendances... Nous pourrons compter sur les multiples errements nocturnes d’une certaine Ma* qui à la fâcheuse tendance de ne donner des rendez-vous qu’à partir de deux ou trois heures du matin, sur la survenue de deux jeunes touristes norvégiennes, ayant comme particularités, entre autres, de n’être visible que fortement avinés, vêtues de mini-jupes absolument improbables et de ne pas être en possession de tickets de retour, de l’irruption dans le paysage d’un nouveau serveur qui a la particularité — outre sa mèche de cheveu dont le ridicule ne dépasse que de peu son prénom — de ne pas être homosexuel et par conséquent de draguer les filles avec qui tu avais l’intention de finir la nuit...

 

Entre autres choses, je pourrais aussi vous divertir en vous expliquant comment on peut éviter une troisième guerre mondiale avec seulement deux doigts, ou comment il est parfois idiot d’aller se coucher tôt...

 

Sur ce à très vite, et encore toutes mes confuses pour ce long silence obstiné...

 

 

 

 

 

 

 

 

09 juin 2006

"Chez toi ou chez moi? Non? Alors on fait comment?" — Où notre jeune héros apprend à composer avec les contingences du moment...

Mea Culpa, Mea Maxima Culpa.

 

J’ai pêché. J’annonçais la suite de la note dans les heures qui suivaient, mais, bon, cela n’a pas été le cas...

 

Pourquoi ? Bah tout d’abord il faut bien dire que ma flemmardise —  dont la légende reste encore à ce jour à écrire, Mais par qui, Là, est toute la question — n’est pas tout à fait étrangère à la chose. Mais je plaide les circonstances atténuantes, Monsieur le Juge ! C’est pas vous qui devez vous coltinez avec un fournisseur d’accès aussi merdeux que Noos—Upc. C’est pas toi, lecteur de mon cœur, qui a dû te fader quatre coupure de service — sans explication, sans un mail d’excuse, sans proposition commerciale à la clé... LES CHIENS ! — en l’espace de moins d’une semaine. Ce n’est pas toi qui a dû — quoique, là je n’en sais rien... — passer trois heures pour réussir à envoyer ta déclaration d’impôts par Internet, parce que, pour on ne sait quelle raison, sous Mac Os, il faut faire des manips que si t’es pas un Geek surdiplômé, t’as aucune chance de même y penser tout seul. C’est pas toi qui doit te coltiner avec ces crétins des Assedic, qui ont entre un mois et un mois et demi de retard sur le traitement des dossiers. C’est pas toi qui.... Bon bref, j’arrête ici les raisons de mon silence — raisons, qui, quoi qu’il en soit, n’explique que partiellement les choses, tu n’auras pas été sans le remarquer, mon cher lecteur attentif, assidu et avisé, hein... — pour enfin expliquer un peu plus concrètement ce qu’il s’est passé au cours de la soirée qui m’a inspiré le texte de la note précédente...

 

 

 

 

Tu vois, en fait ce qui s’est passé à cette soirée, c’est un peu plus simple que ça.

 

C’était un anniversaire. Mais, bon, en réalité, l’anniversaire c’était quand même beaucoup un prétexte, tu vois... C’est-à-dire qu’en fait, les gens s’en foutaient un peu de souhaiter ou non son anniversaire au type en question. Bon évidemment pas au début, c’est sûr. Ceux qui étaient arrivés tôt, c’étaient les amis, ils avaient même prévu un cadeau, c’est pour te dire à quel point ils avaient fait les choses bien... Mais bon, si je commence à te raconter la partie « anniversaire » de la soirée, tout de suite je sens — me demande pas pourquoi, je le sens comme ça... — que ça va beaucoup moins t’intéresser, là.

 

Notre jeune héros se retrouve donc dans cette fête où — une fois n’est pas coutume, me direz-vous, taquin comme vous êtes... — il est dûment invité. C’est l’anniversaire d’un ami. Pas réellement d’un ami proche, mais, disons, tout de même assez proche pour qu’il pense à inviter notre jeune héros pour fêter ses trente ans. Et puis vous savez comme ça fonctionne les groupes d’amis. Lorsque vous commencez à inviter les uns, vous ne pouvez pas décemment ne  pas inviter les autres sans risquer de provoquer de graves crises diplomatiques à côté desquelles la crise des missiles de Cuba pourrait paraître pour tripette — pour ne pas dire peau de couilles car c’est un peu vulgaire à mon humble avis — aux yeux des observateurs internationaux les plus pointus sur le marché des paranoïaques apocalypticiens...

 

Et donc cet ami avait décidé de fêter dignement son quart de siècle additionné d’une demi-douzaine d’unité moins une, en conviant moult et moult jeunes gens de son âge — ou s’en approchant sensiblement dans le cas de notre jeune héros — dans un appartement fort sympathique, assez grand pour contenir la foule en liesse, et suffisamment pourvu en alcools divers, en musiques entraînantes et alcôves à l’abri des regards pour susciter leur joie, ou tout du moins —  soyons nuancé — leur divertissement ou leur amusement.

 

Et puis bon, vous savez ce que c’est les groupes d’amis. À force de se fréquenter on connaît tout le monde, on s’attache, et parfois même on s’ennuie un peu sans même vraiment oser ni le dire, ni se l’avouer. Ceci est à ce point vrai que dès qu’une nouvelle tête apparaît, on la remarque tout de suite. Surtout si cette nouvelle tête vous paraît fort délicieuse et pleine de promesses d’une aube toujours renouvelée... Et — sans vouloir non plus tomber dans le lyrisme le plus échevelé, ce serait mal me connaître... — c’est un peu ce qui s’était passé pour notre jeune héros quelques semaines plus tôt, au cours d’une autre fête. Et, le hasard faisant parfois bien les choses en ce bas monde, cette charmante jeune fille était là ce soir-là, aussi.

 

Mais bon, autant lors de la première rencontre, il était évident qu’une rencontre avait eu lieu entre notre jeune héros et cette demoiselle dont le narrateur — il vous prie de l’excuser bien bas — n’as malheureusement plus la souvenance du nom ; autant le soir en question, ce n’était plus tout à fait du même ordre... Comment te faire comprendre — mon tendre lecteur assoiffé de ma prose — ? Il y avait eu plus qu’un simple contact entre ces deux jeunes gens. C’était plutôt de l’ordre de la reconnaissance. Quelque chose qui te fait dire, que le hasard —  Ha tiens, le revoilà, lui — n’y était que pour peu dans cette rencontre — ha, en fait, non... Notre jeune camarade n’avait que très peu parlé à la demoiselle lors de cette précédente fête, et pour tout dire très tardivement. Mais rien n’aurait pu les empêcher de se reconnaître tant leurs regards n’arrêtèrent pas de se croiser et d’engager un dialogue, certes muet, mais d’une grande éloquence pour quiconque sait distinguer ces choses-là...

 

Les choses en étaient restées à ce point, car — comme le narrateur s’est déjà évertué à vous l’expliquer lors de sa précédente note — la demoiselle était engagée ailleurs et n’avait que peu l’intention — pour ne pas dire pas du tout — de se livrer aux affres de la duplicité amoureuse.

 

La retrouvant ce soir-là, notre jeune héros ne pu s’empêcher de se prendre à espérer que peut-être la demoiselle aura — du moins en partie — changer d’humeur et de point de vue sur la chose... Mais non. Et pire encore, car dans les regards forts nombreux qu’ils échangèrent à nouveau, il ne pu que se résoudre à lire le refus. Poli, sans la moindre trace d’agressivité par ailleurs, mais le refus tout de même. Avec en plus — et c’est peut-être ça qui a touché et provoqué notre jeune camarade avec le plus d’acuité — une certaine qualité de consolation qui tendrait au regret ou à la pitié...

 

« Non mais ça va t’es dingue, toi ! Qu’est-ce que tu me fais chier avec ta commisération, là... Tu m’as pris pour une huître ou quoi ? »

 

Telles auraient pu être — entres autres amabilités — les paroles entendues de la part de notre camarade par quiconque doué du don de lire dans les pensées. Mais heureusement, à ce jour, le peu de personnes doués de cette faculté — par ailleurs très utile et très amusante — est toujours sous le contrôle et la férule des services de renseignements des plus grandes puissances, et a tout de même d’autres félins à lapider qu’à baguenauder dans des sauteries de trentenaires (ou presque) en proie au doute, tant sur leur avenir professionnel et  sentimental que sur le choix de la meilleure combinaison d’alcool pour se mettre minable sans pour autant vomir sur tout ses amis...

 

En proie à de tels sentiments, notre camarade se résolut à passer le reste de la soirée à tromper sa colère dans l’ingestion de divers alcools ainsi que dans des manifestations physiques de défoulement jubilatoires à caractère giratoire et entraînant.  En clair — pour ceux de mes lecteurs qui, décidemment, auraient décidé de faire exprès de ne rien comprendre à ce que je peux bien écrire ! — il décida de faire la fête en dansant, et buvant et fumant et ri-ri-go-go-lant-lant comme un damné, afin de faire passer ce goût âcre de défaite et d’humiliation qui lui collait le palais mieux que n’importe quel Stéradent...

 

C’est dans cette disposition d’esprit — ainsi qu’après avoir reprogrammé la play-list de la soirée et bu les trois-quarts du champagne restant à disposition, et je n’en rajoute qu’à peine ! — que notre jeune héros se rendit compte de la présence de Pénélope.

 

Bien entendu, tendre lecteur désormais habitué aux divagations et autres incises du narrateur de ton cœur, tu auras compris de toi-même que la jeune fille en question ne s’appelait pas — et d’ailleurs ne s’appelle toujours pas — Pénélope. Mais pour des raisons qui tiennent à la discrétion du garçon qui raconte ses pérégrinations sur ses pages, il ne saurait vous révéler la véritable identité de la jeune fille qu’il appelle ici du doux nom de Pénélope. Et pour tout de suite dissiper quelques malentendus, rapides, il n’a pas choisi ce nom pour d’obscures raisons sémantiquo-mythologiques (du style : ha, ha ! je l’appelle ainsi car elle m’en a fait baver à tricoter et détricoter d’insensés linceuls...), ni même pour en arriver à faire rimer à force d’improbables circonvolutions drolatiques Pénélope avec ...

 

Non, le narrateur se refuse et se refusera toujours à de telles bassesses stylistiques. Qu’on se le dise dans les chaumières pourvues de poêles dans leurs fondements...

 

Pour en revenir à nos canards — mes petits moutons adorés — il faut bien avouer que ce n’est pas réellement notre jeune héros qui remarqua Pénélope le premier. Non que par ailleurs elle n’était pas éminemment remarquable — une bombe, mon pote, une bombe... je ne te dis que ça ! — mais ce fut elle la première qui s’approcha, tout sourire et tout charmes en avant, de notre camarade. Pour te la décrire rapidement — car finalement j’ai aussi, parfois, d’autres choses à faire qu’à te raconter ma vie, moi ! — le narrateur pourra dire sans complexe, que Pénélope était tout à fait sublime. Entre le blond et  le roux, ses cheveux longs et très frisés —  le mot anglais « curly » est plus précis — faisaient l’effet d’une véritable crinière autour de son adorable visage. Grande, très mince et très élancée, elle avait une allure magnifique, et quelque chose d’assez rare et de terriblement excitant se dégageait d’elle, dont la définition devrait pouvoir résoudre la contradiction entre l’angélisme le plus absolu et la dépravation délicieuse... Elle était vraiment sublime. Danseuse, mannequin à ses heures perdues (je retrouverai plus tard des photos d’elle dans le plus simple appareil, d’une beauté, mon gars, tu n’imagines même pas...), gracieuse et naturelle, drôle, piquante, provocante, artiste à ses moments perdus... Enfin bref, tout pour plaire, ou pour être plus précis, absolument tout — mais tout ! — pour faire chavirer les sens de notre jeune héros.

 

C’est elle qui vint me voir en premier lieu, me souriant et me saluant avec un air de si grande connaissance que, l’espace d’un instant, je me demandais si l’alcool ne m’avait pas rendu totalement inapte à la survie en milieu urbain. Mais non, ce n’était pas tant mon alcoolémie — pourtant déjà très respectable à cette heure — de la soirée qui était  en cause, mais plutôt ma négligence et ma capacité à faire l’autiste en milieu hostile. Je m’explique. Pénélope, me souriant avec tant d’allant, il ne fallut pas longtemps pour que nous commencions à engager la conversation, et que je me rende compte, grâce à elle, que nous nous étions rencontrés quelques jours auparavant au cours d’une soirée chez un ami commun. Mais — comme tu l’as peut-être déjà deviné, lecteur attentif et assidu que tu es — m’étant copieusement ennuyé lors de cette précédente soirée, je n’avais même pas pris la peine de remarquer qu’une telle beauté ornait et illuminait de sa présence ces lieux.

 

Quoi qu’il en soit, je mentis effrontément à Pénélope, prétendant me rappeler très bien d’elle, mais notant tout de même que nous avions eu assez peu — pour ne pas dire pas du tout — le temps de faire connaissance lors de notre précédente entrevue. C’est comme cela, de fil en aiguille et de coupe de champagne en discussions oiseuses agrémentées d’œillades équivoques que j’en appris un tout petit peu plus sur la demoiselle. Et comme souvent dans ce genre de cas — une chose en amenant souvent une autre... — après avoir discuté assez longtemps aussi bien à mon goût délicat et quelque peu pressé qu’au sien, nous nous retrouvâmes à danser comme deux beaux diables que nous étions.

 

Et puis bon. Est-il besoin de te faire un petit dessin, mon cher lecteur, désormais un peu plus au fait de mes mœurs ? tu sais comment ça se passe dans ce genre de cas. On danse, on danse, et puis forcément on se rapproche, on se frôle, on se caresse, d’abord insensiblement, puis de manière de plus en plus ostensible. On en arrive à avoir des audaces, des envies de manipulations et de palpations. Des envies d’explorations et de rapprochements. Et puis bon, comme c’est tout de même plus facile à deux que tout seul, on s’entraîne l’un l’autre dans ce type de comportements. On s’échauffe, on s’allume, on s’enflamme. Tant et si bien qu’en moins de temps — mais alors là Vraiment moins de temps... — qu’il fallut à Ulysse pour retrouver la sienne, je me retrouvais impliqué avec la mienne de Pénélope, dans de délicieux échanges à caractère bucalo-linguale.

 

Notre rapprochement commençant à se faire de plus en plus irrépressible, je proposai à Pénélope d’aller prendre le frais sur la terrasse. Mais comme la vie est parfois mal faite, il n’y a pas toujours de terrasse ni même de balcon au moment où on en aurait le plus besoin, et nous fûmes donc obligés — tout de même un petit peu contrarié de ne pas pouvoir profiter de la douceur de cette nuit d’été — de nous rabattre sur l’étage inférieur de cet appartement en duplex, heureusement déserté par les fêtards encore en nombre à cette heure-là.

 

Ne protestant que pour la forme, et m’entraînant dans cet antre plus que je ne l’y poussais, nous nous retrouvâmes rapidement en bas en grande discussion. À propos de quoi ? Me diras-tu, plein d’à-propos que tu es, mon cher lecteur... Mais je ne sais plus, moi ! Si tu crois vraiment que nos esprits étaient réellement concentrés sur la conversation en cours c’est véritablement à désespérer de ton cas, cher lecteur de mon cœur... En tout cas, moi, je ne vois plus trop bien ce que je peux faire pour toi...

 

Alors évidemment, à force de jouer à je mets ma langue dans ta bouche pendant que tu mets ta main dans ma culotte, il arrive forcément un moment où se pose la question de la suite des événements. Et comme il me semblait assez clair que nous avions assez envie d’aller plus avant dans notre connaissance, toute biblique du terme, l’un de l’autre, il me sembla également assez naturel de demander à Pénélope si cela l’agréerait de quitter cet  appartement en ma compagnie pour rejoindre le mien, situé à vrai dire pas très loin de celui-ci.

 

Elle : - Oh non, à vrai dire je dois me lever très tôt demain matin, et puis j’ai des trucs à faire chez moi...

Moi : - Ah... Mais alors peut être qu’on peut aller chez toi ? Non ?

Elle : - Euh...

Moi : - Enfin je dis ça... Je sais pas moi, c’est juste que là, moi j’ai quand même vachement envie de coucher avec toi, tu vois.

Elle : - Ah oui ça je vois. Je vois bien même...

Moi : - Et puis, comme toi-même tu n’as pas l’air de... Enfin tu vois quoi ...

Elle : - Ouais. C’est sûr, ça.

Moi : - Alors forcément j’essaye de trouver une manière d’arranger les choses, tu vois...

Elle : - Je vois, je vois...

Moi : - Alors ? Chez toi ou chez moi ? C’est comme tu veux.

Elle : - Bah j’t’ais dis, chez toi, c’est pas possible parce que bon, je dois me lever tôt demain. Et puis chez, moi, je sais pas, c’est pas hyper pratique...

Moi : - Ah oui ? Mais, alors ? ...

Elle : - Et pourquoi pas ici ?

 

 

................................

 

Bon Alors à partir de ce moment-là, il serait assez compliqué de t’expliquer en détail la suite de la soirée sans devoir se lancer dans de très complexes descriptions de nos activités à caractère copulatoire, mais pour autant voilà ce que je peux t’en dire, mais un peu vrac. Pourquoi ? Mais parce que ça me plait comme ça !

 

Que te dire à part que c’était la première fois que je me retrouvais dans cette position et que j’avais l’impression de réaliser un fantasme très adolescent. Évidemment la chambre du bas n’était pas munie d’un verrou ni même d’un loquet, mais pour notre tranquillité nous avons eu recours assez rapidement à la technique — très performante par ailleurs — du fauteuil Club coincé contre la porte, qui avait la bonne idée de s’ouvrir dans le bon sens... C’était vraiment charmant et étonnant comme situation. Car malgré l’audace de sa proposition et la rapidité de sa mise en œuvre — pour ne pas dire sa fulgurance — Pénélope gardait un mélange détonant d’impudeur et de timidité indémêlable et merveilleux. Je garde gravé à jamais en moi la blancheur et la clarté magnifique de sa peau illuminant la pénombre de cette chambre anonyme. Je me souviens de son corps agile et tremblant, pressé de jouir. Je me souviens — bien sûr — qu’évidemment mon portefeuille où se trouvait mes capotes ne se trouvait pas dans cette pièce-ci de l’appartement, mais, qu’à l’inverse d’une autre fois, il n’était véritablement pas envisageable de partir en quête de l’indispensable accessoire de latex en tenue d’Adam priapique... Je me souviens que je ne mis pas plus de quelques secondes à en trouver dans la salle de bain accolé à la chambre, tant il me semblait évident que dans cette chambre de garçon, je n’aurais pas de difficulté à en trouver. Je me souviens qu’elle jouit rapidement et que, pour une fois, moi également. Je me souviens de ses regards plein de tendresse et de malice ne cachant que mal, le sentiment pour le moins perplexe où cette aventure l’avait plongé. Je me souviens qu’elle ne voulu pas me laisser son numéro, ni prendre le mien, arguant que la vie nous ferait bien nous croiser un jour ou l’autre... Je me souviens que je mis au moins quatre jour à récupérer ses coordonnées, ce qui est tout de même beaucoup pour moi, car, en général, je suis tout de même assez têtu. Je me souviens de notre confusion et de notre complicité lorsque nous remontâmes dans la soirée.

 

 

Je me souviens de tout ça, et de bien plus encore.

Et pour longtemps encore...

 

05 juin 2006

Tu sais ce que c'est....


Tu sais ce que c’est...
Une chose en amenant une autre.

Enfin souvent…
Ou bien c’est autre chose, je ne sais pas.

Enfin, si, je sais ça.
Justement ça je sais, oui.

Je peux te raconter si tu veux ? Tu veux ?

On est dans la soirée… — Comment te dire ? — … Une soirée, quoi. Enfin. Ouais.

Une soirée normale quoi. Je veux dire il y a des gens, des filles, des garçons. Ils dansent, ils discutent, ils boivent.

Beaucoup.

Ah mais des conneries sûrement, comme toujours — je sais pas, moi ! Bla, Bla, Bla. Peu importe, ça n’a pas d’importance, Ça. C’est pas ça qui se joue.

Y’a cette fille, tu vois.

Mais si tu vois. Cherche un peu, je suis sûr que tu vois à quoi elle ressemble.

Mais si — tu sais —, c’est cette fille, tu sais, celle que tu as déjà croisée, une fois ou deux. Mais si.

Tu sais celle qui t’as souri comme ça, pour rien, alors que tu lui avais rien demandé, bordel de merde. Celle à qui tu as parlé une fois peut-être. Sans rien en attendre — À moins que ce soit elle ? enfin peu importe — On s’en fout, quoi. C’est pas là que ça se passe. Et puis c’est pas cette fille, là. Enfin si c’est celle-là. Tu lui a parlé un peu, avant, et bon. Sans dire que tout de suite, je suis tombé amoureux, en tout cas j’ai entrevu qu’avec elle quelque chose était possible.

Quoi, moi ? Bah oui, moi, quoi ! Qu’est-ce que tu croyais ? Je parle pour moi, là.

Toi, t’es là, mais bon je m’en fous. Le prends pas mal, tu vois, mais toi ou le mec qu’est juste là, tu vois, pour moi c’est pareil. C’est à moi que je parle.

Eh Ouais !

Mais qu’est-ce que tu croyais en venant à cette heure là, dans un endroit pareil ?

Que tu allais trouver des gens qu’allaient te parler ? À toi ? Vraiment à toi ?

Tssssss......

Tu vois c’est juste ce qu’il y avait de différent avec elle.

Je veux dire, c’est à moi qu’elle parlait, c’est vers elle que mes paroles allaient.

Tu vois, c’est rien, mais ça change tout, putain.

Pour une fois tu as quelqu'un en face de toi.

Pas une boule de névrose plus ou moins à ton goût, avec qui finalement, très vite, cela va se résumer à savoir qui va l’emporter sur qui et tout ce genre de trucs, non.

Juste quelqu'un.

Quelqu'un d’autre en face de toi. Le pied, putain ! LE PIED !

Et voilà que bon.

C’est pas que c’est pas possible ou que, bon, elle est pas bien avec toi. Non.

C’est juste que, voilà quoi, c’est pas possible, là.

C’est pas qu’elle triche ou quoi, non — C’est pas ça. Parce que ça pourrait être ça, ouais — on en a connu des comme ça, ouais — des qui te disent non, mais qui n’attendent que ça.

Ouais, Ça existe des comme ça. L’inverse aussi d’ailleurs....

Et c’est peut-être pire d’ailleurs, des filles qui te disent oui, et qui savent même pas pourquoi.

Peut-être par habitude ? Ou bien…

Enfin, là c’est pas ça, non.

Là, c’est juste que c’est possible et pas possible.

Qu’elle veut avec toi et qu’elle veut avec un autre.

Et que ce qu’elle veut avec cet autre que moi est, , un peu plus présent que ce qu’elle veut avec moi.

Enfin bon, voilà, ça va pas. C’est la merde quoi.

Alors voilà : Il y a cette soirée. Tu es là. Elle aussi, mais tu sais que tu l’auras pas.

Et, il n’y a pas si longtemps que ça, tu vois, j’aurais fait comme toi. Je serais rentré chez moi.

Ou bien je serais resté là.

Et, dans la posture indigente de l’amoureux indigne et incompris, j’aurais contemplé d’un œil compréhensif et douloureux l’objet de ma quête fuir au bras de cet autre que moi.

Mais voilà. Je suis pas toi, moi. En tout cas pas ce soir-là. Tu comprends ?

Pas ce soir-là. Non. Non. Non !

Tu vois, y’avait cette fille, j’veux dire une autre fille.

Et elle, elle n’attendait rien de moi.

Et moi, je la trouvais jolie, c’est vrai.

Et c’est vrai qu’elle était jolie.

Ça oui, c’est vrai…

Et bon une chose en amenant une autre — tu sais ce que c’est — je lui ai fait du charme, quoi. C’est peut-être con, je sais, mais c’est comme ça.

Et comme elle était pas extrêmement farouche — tu vois — comme je voyais que ça lui plaisait plutôt que je me comporte comme ça, assez vite je me suis mis à l’embrasser.

Et tu sais, c’est dingue, putain, mais c’est tellement plus facile quand tu t’en fous un peu, c’est fou ça, mais c’est vrai, putain.

T’es tellement plus convaincant quand tu t’en fous.

Un peu, j’veux dire.

Alors bon, voilà quoi, je me suis mis à l’embrasser. Et puis avec elle c’était possible, tu vois.

Alors on s’est dit yala, yala.

Tu vois, quoi.

Je sais pas si c’était une bonne nuit, hein, mais en tout cas c’était comme ça.

J’ai écrit ce texte, il y a déjà quelques mois. C’est un fond de tiroir en quelque sorte. Tout ça pour vous dire que vous en apprendrez plus d’ici quelques heures sur cette aventure-là...

03 juin 2006

L'ordinaire d'un jeune homme parisien...

Bon, je préfère te prévenir tout de suite, mon cher lecteur assidu et attentif de mon cœur, je ne suis pas là.
 
 
Enfin, je ne suis là que par intermittences.
Comment ça, tu ne comprends pas ?
Bah, si tu veux plus d'explications, tu n'as qu'à lire le Post-it en haut à droite de cette page.
 
 
En fait c'est assez simple.
 
 
Ça a commencé hier, en début de soirée. J'avais passé l'après-midi dans un état assez lamentable, me livrant à la procrastination la plus éhontée en vagabondant d'un site à l'autre sans réussir à réellement entreprendre quoi que ce soit ; et ce, sous le prétexte dérisoire d'un prétendu état migraineux consécutif à ma soirée — un petit peu trop, il faut bien l'avouer — arrosée de la veille. Sur les coups de 17h00 — à moins que cela ne soit 18h ou 19h... je ne sais plus bien — pris d'une subite, inattendue et inespérée poussée d'activité, je me décide à rattraper une partie du temps perdu à ne rien faire — ou presque — durant cette après-midi, et, enfin pris d'une salutaire inspiration, quitte cette sphère addictive en fermant mon navigateur chéri et en fermant le capot, de mon merveilleux et tendre iBook.
 
 
En quelques dizaines de minutes, j'arrive à liquider le principal — pour ne pas dire le gros ; je ne voudrais pas être offensant envers quiconque, moi... — du travail domestique en attente, et — n'ayant rien trouvé de mieux à faire ; c'est dire ! — me remet à mon bureau dans l'objectif d'écrire une note dans la soirée, et de lire vos proses merveilleuses et inspirées...
 
 
Mais bon, mon fournisseur d'accès en ayant décidé autrement, je me vois obligé de renoncer à mes projets...
 
 
(Putain quel blaireau je fais à être encore chez ces empaffés de Noos-Upc de mes couilles, moi... Non mais dès fois, je vous jure ! J'suis un vrai grand con, je ne vois pas d'autres explications...)
 
 
Bon, tout ça pour te dire — mon cher lecteur attentif et assidu qui commence à se demander (si, si, ne mens pas, je le vois bien..) quel peut bien être l'intérêt et le propos de ces mots alignés plus ou moins négligemment sous tes yeux vagueusement interrogateurs — que je me retrouvais comme un con hier soir, sans accès à Internet, privé du plaisir régressif auquel je me livre sans retenue depuis un mois et demi, et que je ne savais pas trop comment réagir face à cette situation inattendue...
 
 
Bon, j'ai bien passé quelques coups de fils à mes maîtresses du moment, mais elles étaient toutes soit trop éloignées de moi, soit trop occupées ce soir-là, pour pouvoir — ou vouloir ; au fond qu'est-ce que j'en sais, moi ? — consacrer le temps béant qui s'était ouvert devant moi, à s'occuper de ma petite personne...
 
 
Je décidai donc de terminer une bonne partie des taches domestiques qu'il me restait — encore ! espèce de feignasse, va ! — à liquider, en m'employant successivement à vider la vaisselle croupissante de mon évier, puis à me préparer à manger pour une fois autre chose que des pâtes — bah oui, de temps à autres il faut savoir changer, parce que bon, à force, c'est lassant...
 
 
Ma soirée se déroulait donc dans le plus grand et le plus conventionnel ennui que l'on puisse imaginer...
 
 
Non, je dis ça, il ne faut y voir un jugement de valeur — surtout à ton endroit mon lecteur chéri, je ne permettrais pas, tu me connais désormais...
 
 
En proie à ces vaseux sentiments et sensations, je me laissais dériver —gracieusement vautré que j'étais sur le canapé qui à l'heur de trôner dans mon salon — dans la contemplation de mon écran de télévision, zappant allègrement — et sans complexe s'il vous plaît ! — entre une rediffusion des meilleurs moments d'une émission débilitante et humiliante animée par ce crétin décérébré, décérébrant, marié à une ex-mannequin, — elle-même ex-femme d'un chanteur (un peu) connu — et néanmoins patron d'une des plus grosse boite d'audiovisuelle du moment, qui à lui tout seul aurait la possibilité de me rendre méchamment antisémite si moi même je n'étais pas... (enfin bref, je ne m'étend pas — vous n'êtes mon psychanalyste, à ce que sache, hein ? ) et le dernier — ou presque — épisode de Dead Like Me...
 
 
Pour ceux qui ne connaissent pas Dead Like Me, et bien tant pis pour leur gueule ! D'une part ils ratent une très bonne série, et d'autre part, je ne fais pas dans la chronique télévisuelle, moi ! Si vous recherchiez réellement ça, il va falloir songer sérieusement à me débarrasser le plancher, et à aller voir ailleurs, parce que bon, j'ai pas ça en magasin, et que j'ai autre chose à foutre qu'à combler vos lacunes télévisuelles, moi !
 
 
Non mais qu'est-ce que vous croyez ?
 
 
e végétais relativement voluptueusement donc, lorsque je me rendis compte que c'était à peine si j'étais sorti de mon antre — pour ne pas dire ma caverne, parce que, à ce qu'il paraît, l'expression est déjà plus ou moins copyrighté à ce qu'on m'en a dit, et que si je dis « ma caverne » ça va encore faire jaser dans les chaumières... Il était maintenant vingt-trois heures trente et pris d'une envie de « m'aérer » l'esprit, je décidai de me vêtir un peu plus chaudement que je ne l'étais, et d'arpenter nuitamment les rues parisiennes de mon arrondissement.
Bon, en fait — mais ne t'en doutais-tu pas, mon cher lecteur attentif, assidu et doté du don de divination ? — ma sortie nocturne n'avait que peu pour but de m'aérer l'esprit mais plus sûrement de me ravitailler en cigarettes et — une fois ceci fait — de me conduire — tiens, tiens, comme c'est étrange...— quasiment en droite ligne en direction du Bistrot d'À Côté.
 
 
Une fois là-bas je retrouvai quelques camarades de beuveries. Il y avait réuni autour du comptoir Gé***, Bl***, I***, Fr***, Ju***, ainsi que les proies de Fr*** et Gé***... Comment vous expliquer ? Quand ça commence comme ça au Bistrot d'À Côté, ça à la fâcheuse habitude de dégénérer, et bon, il faut bien avouer qu'hier soir rien ne semblait vouloir s'opposer à cela... Bon bien sûr, je me rends compte que tu ne dois pas réussir à saisir toutes les subtilités de la situation — mon loulou et néanmoins lecteur chéri — mais pourtant il faudra t'en contenter, en tout cas pour aujourd'hui... Non, je dis ça, mais c'est simplement que si je commence à t'expliquer toutes les interactions qui existent entre ces différentes personnes, je n'arriverais jamais à finir cette note dans le délai qu'il m'est imparti, et que ça — aujourd'hui en tout cas — je ne peux pas me le permettre car je suis de sortie ce soir...
 
 
Oui, bon et accessoirement, si j'ai réellement l'intention que tu profites de ma prolifique et mirifique prose de la journée, je dois m'arranger pour passer dans un Web-café avant de me rendre à mon rencard...
 
 
Non, ce que je peux te dire rapidement — tout de même... — pour que tu ne sois pas totalement largué, c'est que Fr*** était saoul comme rarement ; que ses proies réussirent assez rapidement à s'échapper ; que Bl*** était toujours aussi belle et larguée que jamais (au propre comme au figuré, larguée...) ; qu'I*** était plus improbable que jamais ; que Gé*** comme à son habitude, payait tournée sur tournée tout en dévorant des yeux sa proie du moment ; que Ju*** était charmante, pleine de candeur, et affublé d'une paire de béquille consécutives à son grave accident de novembre dernier ; que moi, je convoitai assez peu discrètement et plutôt drolatiquement Bl*** ; et que D*** éclusait tranquillement sa seconde ou troisième dizaine de bière de la journée...
 
 
Non mais c'est sûr que dit comme ça, moi-même je me rends compte que c'est un peu parcellaire et laconique. Mais je t'assure si je rentrais dans les détails, on n'en finirait pas. Si — par exemple — je commençais à dresser ne serait-ce que le portrait de Gé*** ou D***, je ne saurais plus comment raccrocher celui-ci au récit — follement sympathique, entre nous soit dit — de ma nuit parisienne... Ce sont deux tragédies sur pattes, ces deux-là, et sans doute, j'en ferais le portrait prochainement, mais là, tu comprendras bien volontiers — ou pas, après tout c'est ton problème, ça, pas le mien. — que je ne m'étendâsse pas plus longuement sur le sujet...
 
 
D'autant plus que ce n'était pas réellement mon objectif de la soirée de m'étendre sur aucun d'entre eux deux, mais plus volontiers de me livrer à cette activité avec Bl***. Mais bon, Bl*** était réellement larguée, et pour tout dire très malheureuse, malgré sa bonne humeur scrupuleusement extériorisée, et après m'avoir pudiquement embrassé puis — nettement moins pudiquement cette fois là... — s'être livré à la même activité avec l'éponge ambulante nommée Fr***, je compris qu'il n'était peut-être pas très gentil de ma part — ni très utile ni très malin d'ailleurs — de la poursuivre de mes assiduités...
 
 
Gé*** était en bonne voie de conclure avec sa proie du moment, et sur le coup de deux heures, au moment où le patron — de plus en plus aigri ces derniers temps, soit dit en passant, ça commence à devenir agaçant ce truc là... — essayait de nous foutre à la porte non sans avoir auparavant récupérer les sommes que les nombreux consommateurs lui devaient, j'hésitais sérieusement entre rentrer chez moi pour dormir du sommeil du juste que je ne suis pas tout à fait et suivre la joyeuse bande à l'After au Café d'Un peu plus Bas...
 
 
Mais une chose en entraînant une autre — comme toujours, tu me diras... — je me laissai entraîner pour un dernier verre, fortement influencé, il est vrai, par l'insistante et néanmoins amicale pression de Gé***, ainsi que par la quasi certitude qu'une fois de plus, il ne laisserait à personne d'autre qu'à lui même le soin de régler les consommations... Il ne faut pas être dupe. Si Gé*** était si insistant quant à ma venue, ce n'était pas tant pour jouir de ma présence — forte agréable au demeurant — que pour lui servir d'acolyte — et non pas d'alcoolique car pour cela il n'a vraiment pas besoin de moi... — dans sa tentative de séduction de la soirée...
 
 
Nous nous retrouvons donc à l'After, sorte de cour des miracles des temps modernes, où se retrouve tout ce que Paris compte de joyeux et interlopes fêtards tout à fait susceptibles de se faire refouler d'absolument tous les autres lieux de distraction nocturne de la capitale. Bl*** nous ayant abandonné pour la compagnie d'une banquette d'un bus de nuit et Gé*** étant en grande négociation avec sa proie, je me retrouvais à faire la conversation avec I*** et Ju***. Rien de fou n'en sortit réellement, quoique, néanmoins, rien de désagréable non plus — il faut savoir être honnête par instants — et il fallut attendre l'arrivée de Joe l'indiencomme il aima à se faire appeler lui-même... — pour nous divertir réellement. Pour vous donner une idée, je ne vous livrerais qu'une seule des nombreuses perles dont il nous abreuva au cours de sa courte et néanmoins mémorable intervention :
 
 
« L'oiseau a des plumes pour voler et un bec pour chanter ! »
 
 
L'ambiance n'était pas — loin s'en faut — à son paroxysme hier soir et malgré l'arrivé de notre tendre éponge, la soirée semblait devoir se terminer rapidement, d'autant plus que Gé*** semblait avoir fini d'achever de convaincre sa proie que le plus sage était de se rendre à l'évidence qu'il était écrit quelque part qu'il se devait d'être l'homme qui occuperait sa nuit, ce soir-là...
 
 
J'étais plutôt heureux de ma soirée, et n'ayant pas d'intention concupiscente bien défini à l'égard de l'une des deux demoiselles qui m'accompagnaient, j'envisageais donc sereinement le retour chez moi. Pour vous expliquer rapidement mon manque de concupiscence qui n'a pas dû manquer de vous interpeller — attentifs et assidus lecteurs de ma prose que vous êtes — ce n'est pas tant qu'aucune des deux jeunes filles ne me paraissait attirante ou accorte, mais bien plutôt, que je doutais, au moins pour l'une des deux, qu'elle nourrisse le moindre appétit d'ordre sexuel à mon endroit. Quant à l'autre jeune fille — à savoir Ju***, pour ceux de mes lecteurs que cela intéresserait encore... — je l'avais bien dragué outrageusement quelques semaines auparavant au Bistrot d'À Côté mais, malgré l'intérêt que j'avais cru avoir su éveiller en elle à ce moment-là, j'avais cru comprendre dans le fait qu'elle me révélât être pourvue d'un petit ami avec lequel elle partageait sa vie, le signe d'un refus poli et tendre certes, mais tout de même assez ferme.
 
 
C'est donc comme cela que je me retrouvais sur le trottoir devant l'After en compagnie des deux demoiselles, disant au revoir à l'une, et m'inquiétant — béquille aidant — de la destination de la seconde.
 
 
« — Bah je pensais peut-être dormir chez toi... si tu n'y voyais pas d'inconvénient, bien entendu ...»
 
 
————————————————————
 
 
Je te laisse imaginer la suite de ce dialogue, ainsi que de la nuit, car je n'ai pas forcément envie aujourd'hui de te livrer le détail de nos activités exploratoires...
Je te dirais simplement que la nuit fût douce. Que c'est tellement bon de se sentir vivant. Que je suis encore ému par son audace et son courage. Qu'il n'y aura pas de suite à cette aventure d'une nuit. Que cela est pour le mieux et pour elle, et pour moi, et pour nous. Que décidément c'est merveilleux de se sentir désirer. Qu'il y a peu de choses comparables au plaisir de la sentir trembler de plaisir entre mes bras...

23 mai 2006

"Mais tu fais quoi déjà dans la vie?" — la Suite ET la Fin....

Euh... Comment dire ?

J’ai comme l’impression qu’il y a eu un petit malentendu...

Si vous n’avez pas tout suivi — Honte à vous, bandes de chiens incultes et mécréants !!! — je vais essayer de faire un petit résumé... Bon tout d’abord, le résumé ne concernera pas la note qui précède celle-ci, car pour cela vous n’avez qu’à la lire ici.

Non mais dès fois, je ne vais pas — même pour vos beaux yeux, chers lecteurs dissipés et volages — me mettre à jouer les annabacs ou les extraits du Reader’s Digest ! Y’a des limites à tout dans la vie, je vous assure !

Non, en fait il s’agirait de résumer les réactions d’une certaine jeune fille qui a eu le sentiment d’être visée par ma note précédente, d’en être, sinon le sujet principal, tout du moins, la génératrice, ou quelque chose de cet ordre-là... Cette jeune fille, par le plus grand des hasards, doublé d’un malheureux concours de circonstances, m’avait posé la question de savoir ce que je faisais dans la vie quelques heures avant que je publie ma note et, n’ayant obtenue de ma part de réponse qui la satisfasse — non, la vérité, c’est qu’elle n’eut pas de réponse du tout... — a pensé — j’imagine d’après le titre de ma note — que je m’adressais à elle par des chemins détournés... Cette jeune fille, m’a ensuite adressé un mail, auquel, bien entendu je n’ai absolument rien compris, car — je dois bien le dire ici — je n’avais aucune intention, en tout cas consciente, de m’adresser à elle par le biais de cette note ou bien de son titre :

 

"Mais tu fais quoi déjà dans la vie?" — Où comment l'amnésie a eu raison de la libido de notre jeune héros...

 

Ne sachant pas la raison de son « ire », et ayant par ailleurs mes propres félins à flageller, je ne répondis pas au mail en question, me disant que le temps me permettrait d’avoir une explication du quiproquo et du sac de nœuds... Bien m’en a prit, car effectivement j’ai enfin eu l’explication de tout ceci, il n’y a que peu de temps. En effet, sans réponses de ma part, cette jeune fille, crut bon de poster une note sur son blog privée, pour, d’une part, expliquer la raison de sa colère, et d’autres part m’écrire une sorte de lettre ouverte... Comme elle eut la bonne idée de faire un petit résumé de la situation, c’est — enfin ! — à ce moment-là que je compris le scénario dans toute sa complexité... Très flatté d’avoir été le déclencheur, même involontaire, d’une telle polémique, je ne pouvais pas me permettre de la laisser totalement sous silence, mais par ailleurs, comme je ne suis pas très adepte des lettres ouvertes — où alors uniquement par moi — je ne répondrais pas, ici, à la jeune fille en question.

 

Pour enfin revenir au sujet qui me préoccupait et pour — espérons-le — l’épuiser, je reprends le cours des événements de cette nuit toulousaine, là où je l’avais arrêté, c’est-à-dire patientant sur le trottoir devant le café où j’avais passé la soirée, à deux heures du matin, en compagnie, entre de nombreux autres, de quelques collègues...

 

................... LA SUITE .......................

 

Après avoir réussi — enfin ! ­— à comprendre ne serait-ce que le nom du restaurant ainsi que le nom de la rue où ce dernier était situé, je décidai sans plus attendre de planter mes collègues avinés et de les laisser se dépatouiller seuls du garçon corpulent qui, selon toute apparence, n’avait aucune intention de finir la nuit sans compagnie à ses côtés, afin de retrouver l’accorte Karine qui m’av ait convoqué. Muni d’un plan de Toulouse — arraché de haute lutte quelques heures plus tôt au réceptionniste psychorigide et cyclothymique de l’hôtel — j’essayais de me repérer et, après quelques errements et tâtonnements, je trouvais enfin la rue en question. Je tiens à préciser pour mes lecteurs attentifs et assidus, certes, mais surtout n’ignorant en rien la géographie toulousaine, qu’il s’agissait de la rue juste en face de la gare de Toulouse-Matabiau. Je m’engage donc dans celle-ci, sans savoir exactement à quel niveau se situe le bistrot où j’ai rendez-vous. Vigilant, l’œil aux aguets, je remonte l’artère midi-pyrénéenne en croisant force bistrots, tavernes et kebabs encore ouvert à cette heure plus que tardive, et plus je remonte la rue,j plus je m’éloigne de la faune que j’avais croisé aux « Coulisses ». C’est sûrement un peu pareil partout, mais à Toulouse, ça saute aux yeux. Le quartier de la Gare, il est vraiment pourri. Tout en me faisant cette réflexion je me rends compte que je suis quasiment arrivé au bout de la rue et — en bon paranoïaque que je suis — commence à me demander si ladite Karine ne m’a tout simplement pas envoyé dans un des quartiers louches et interlopes de la ville rose pour me punir de je ne sais quel crime qu’elle pense que j’aurais commis en m’intéressant — même sexuellement — à sa charmante petite personne. Plein de ce sentiment dindonneau-farcesque, j’arrive enfin devant le bistrot en question et retrouve sans difficulté et à travers la baie vitrée — s’il vous plait — la demoiselle attablée en compagnie de deux de ses amis.

 

Le narrateur se voit obligé, ici, de préciser quel fut l’impression de notre jeune héros quant à l’établissement dans lequel il s’apprêtait à rentrer. Pour le moins, ce qu’il peut en dire, c’est que le changement d’ambiance était patent. Une immense salle au trois-quarts désert, baignée dans la douce et si sensuelle lumière de néons blancs éclatant, donnait — oh bonheur ! — une teinte blafarde — située dans le spectre des couleurs visibles entre verdâtre et jaunâtre — à toute personne ayant l’insigne honneur de se trouver présente. La population même du rade en question me promettait un dépaysement certain par rapport au bistrot de la jeunesse dorée que je venais de quitter. Exception faite de Karine et d’une ou deux prostituées — probablement au chômage technique à cette heure déjà avancée — je dois bien dire qu’il n’y avait pas l’ombre d’une présence féminine visible dans cette assemblée composées d’hommes aux âges variés, mais partageant pour la plupart les marques de l’alcool, de la dépression et d’une certaine forme de misère gravée sur leur visage.

 

Notre jeune héros, ayant eu la chance de ne pas se faire refouler par le videur musculeux, pénètre donc dans l’établissement et, enivré par les odeurs de tabac brun, de bière et d’eau de javel mêlées, et entouré des douces mélopées issues d’une quelconque F.M. locale, se dirige vers la table où l’attendent déjà Karine et ses amis, dans un état d’esprit oscillant entre la gêne de se trouver dans un endroit si peu propice aux rapprochements et épanchements sensuels, et le plaisir de voir la jeune fille dans un endroit si peu en adéquation avec l’image que sa fuite subite avait gravé dans son esprit. Une fois installé, je me fais allègrement questionné, aussi bien par Karine que par ses amis, sur mon identité précise, sur la nature de mes activités ainsi que sur les raisons de ma présence dans leur ville. M’étant soumis, de la manière la plus honnête possible au feu roulant de leurs questions, et après avoir commandé un Coca-Light au serveur kabyle, souriant et néanmoins épuisé, je m’empressai de retourner les interrogations à leurs auteurs, dégustant par ailleurs de gigantesques entrecôtes garnies de frites et arrosés d’un mauvais quoique peu onéreux vin rouge, probablement sulfaté. Karine était une graphiste toulousaine âgée de trente-deux ans, célibataire, et partageant son temps entre sa ville et Toulouse ; quant à ses deux camarades, le narrateur est véritablement consterné de constater que notre jeune héros est tout à fait incapable de se rappeler le moindre éléments de leur identité ou de leurs activité, à l’exclusion de leurs préférences sexuelles et sentimentales qui les avaient poussés à mener une existence commune.

 

Finalement nettement plus à l’aise ici qu’au bistrot précédent, l’ambiance finit de se détendre tout à fait jusqu’à devenir totalement cordiale et sympathique. Karine, un peu saoule et prise d’un sentiment maternant bien qu’exprimé de manière bourrue et rigolarde, s’inquiète de ne pas me voire manger, et malgré mes protestations amusées et argumentées commande une nouvelle entrecôte. Nous devisons ainsi très agréablement et l’issue de tout cela ne semble maintenant ne plus échapper à personne, d’autant plus que Karine ne se gêne plus, a contrario de son attitude quelque peu réservée à l’autre café, pour me prodiguer de moins en moins discrètes marques d’affections. Ces jeunes gens, prenant le prétexte de me raconter leur début de soirée, arrivent même à me faire hurler de rire, quand ils sortent et exhibent — audace tout de même un petit peu risqué à cette heure et dans cet équipage — de leurs sacs respectifs toutes sortes de sex toys, qu’ils s’étaient offert et échangés quelques heures plus tôt, au cours de leur dîner de Saint-Valentin.

 

Nous payons au tavernier ce que nous lui devons, ou plutôt — et pour être tout à fait honnête — je me fais inviter de force par la charmante Karine, qui, prétextant de son ascendant sur moi de quelques années et de la nature, supposée précaire et peu rémunératrice de mes activités, passa tout son temps à m’entourer d’une protection fantasmatique — dans le sens où je n’en avais absolument aucun besoin — qui passait entre autre par son obsession à tout régler. Le début de cette fin de soirée commençait à se faire sentir, les uns et les autres exposant leurs projets nocturne quant un incident extérieur mit un terme à nos conversations et — bien que nous retenant captif du café pendant quelques instants — finit de nous décider à se barrer au plus vite. Un jeune mec assez abîmé s’était installé à une table pas très éloigné de la nôtre, et essayait de commander une bière. Le patron, qui devait sans aucun doute l’avoir déjà pratiqué, refusa de servir le jeune homme, redoutant certainement qu’il n’ait absolument aucune intention ni possibilité de la régler. Le jeune homme commence à protester de manière véhémente et gueularde et — pour tout te dire à toi, mon cher lecteur attentif et assidu — se révèle être un tant soit peu pénible, bien que ne n’incarnant pas un danger réel et imminent, tant l’alcool ou tout autre substance psychotrope semble être présent chez lui et inhiber toute manifestation réelle de violence. Pour autant mon interprétation de la situation ne semblait pas être partagé par le videur de l’établissement, un beau black musculeux d’environ trente-cinq ans, qui n’arrivant pas à le persuader verbalement de vider les lieux, se mit en tête d’essayer de lui faire entendre raison à coups de poings. Comme visiblement le jeune homme n’était absolument pas en état de faire fonctionner ses quelques neurones non encore grillés par les cocktails psychotropes, il ne comprit pas à temps que son intérêt aurait résidé dans la fuite, et protestant à qui mieux mieux, en arriva au point d’énervé tant le videur, que celui-ci, perdant tout sens de la mesure et de la réalité, lui défonça consciencieusement l’arcade sourcilière jusqu’au sang, à grands renforts de coups de poings assenés de manière savante et répétée. À part nous quatre, essayant tant bien que mal d’éviter que la correction ne tourne au carnage en règle, l’incident se déroulait dans une indifférence soit gêné, soit amusé, tant il est vrai que, à l’instar de La salle du Bar Tabac de la rue des Martyrs, ici aussi les cuillères ne semblaient ne servir que rarement pour le café...

 

Après avoir réussi à négocier sans trop de dommage notre sortie, et essayant de gérer les velléités de vengeur masqué de Karine et de ses camarades qui, justement outrés du comportement du videur, essayaient de plus en plus bruyamment de protester auprès de lui, j’appelais la police afin de tout de même signaler l’incident. Pour ma part, bien que je ne sois pas — qui a dit « encore » ? Qui ??? — spécialiste du monde interlope de la nuit, il me semblait évident qu’il n’était pas très utile de discuter avec un videur à trois heures du matin dans le dessein d’essayer de lui faire entendre raison sur la nature un peu plus que délirante et dangereusement violente de son comportement...

 

Le couple de camarades nous ayant — à notre grand contentement — lâchement abandonné pour aller vaquer à vélo à leurs propres occupations, Karine et moi même commençons nous éloigner de la Taverne et, tout en se dirigeant insensiblement vers mon hôtel, nous commençons à explorer de plus en plus intimement les recoins et replis de nos anatomies buccales respectives, ainsi qu’à nous peloter tout ce qui était décemment possible de l’être à trois heures du matin dans ce quartier quelque peu nerveux de la nuit toulousaine. Karine était sensiblement plus bourrée que moi, et cela lui donnait la caractéristique de parler un tout petit peu trop fort par rapport à notre degré d’intimité. Mis à part cela, je n’avais à cette heure aucun scrupule à l’emmener dans mon antre dans le but avoué et partagé de nous livrer à quelques exercices jubilatoires à caractère explicitement copulatoire et sexuel. Il y avait tout de même chez moi, un petit sentiment d’incompréhension, sinon de malaise, face à cette jeune fille charmante, entreprenante, et doté d’une paire de fesses à se damner, qui se basait sur l’impression que j’avais qu’elle n’était pas tout à fait présente. Non que je la sentisse lointaine ou préoccupée par d’autres pensées, mais plus simplement j’avais le désagréable sentiment qu’elle était toujours un peu à coté de la conversation ou de la situation, me faisant par exemple plusieurs fois répéter les choses que je lui disais.

 

Arrivés dans ma chambre sans encombre, nous commençons à nous peloter de moins en moins sagement, et une chose arrivant un peu plus vite qu’une autre dans ce genre de cas, nous nous retrouvons à moitié à poil, avant même d’avoir eut le temps d’y songer. Là, visiblement moins pressé que moi, Karine me demande de boire une bière, afin de prendre le temps de discuter un peu. J’en trouve une dans le minibar, et lui sert dans un des verres disponibles à cet effet et, entre alcool et cigarette la jeune fille commence à me parler de choses et d’autres. Je ne sais plus tellement de quoi il s’agissait, à part que son monologue ponctué de questions auxquelles j’avais pour la plupart déjà répondu au cours de la soirée, avait le don de m’énerver un petit peu.

 

Aussi, après lui avoir laissé discourir de cette manière quelque temps, je lui enlevai sa bière des mains que je posai par terre, et commençai à me faire pressant et tendre. Ne me résistant plus, elle s’abandonnait désormais au joug de mes caresses et de mes baisers, au point qu’assez rapidement, je me retrouvais la tête entre ses jambes désormais dénudées, en train de lui pétrir les fesses, dans le but de lui ôter son string afin de me livrer à une petite exploration digitalo-linguale de son intimité. Une fois l’opération effectuée, je me retrouvais un petit peu étonné et contrarié — mais tout de même pas au point de me faire renoncer — devant l’absence totale de pilosité pubienne de son sexe.

 

Alors même que l’idée était pour moi tout à fait excitante, ayant déjà remarqué ce détail au cours de mes précédentes explorations en aveugle, le fait de me retrouver devant cette chatte rasée ne m’enchantait pas réellement plus que ça, tant l’aspect, à la lumière — même tamisé à la hâte par mes soins grâce à l’aide d’un vieux t-shirt balancé sur l’abat-jour de la lampe de chevet — qui régnait dans la chambre de son sexe glabre, quoique déjà ouvert, gonflé luisant et brillant d’excitation, me faisait insensiblement penser à un poulet fraîchement déplumé. Décidant de ne pas me laisser désarçonné par cette impression, je me lançai dans un cunnilingus savamment délivré. Alternant les baisers, coups de langues et masturbations directes de son clitoris, de ses lèvres et de l’entrée de son vagin, je la menais, assez rapidement — l’alcool devant aussi aider — tout du moins à l’orgasme, en tout cas à une inondation assez généralisée. D’un commun accord et sans pour autant avoir besoin de le verbaliser, nous décidons d’aller plus avant dans notre découverte intime l’un de l’autre, et après m’être enfin débarrassé des quelques habits qui me restait et m’être fait faire quelques courtes mais délicieuses dévotions, je me mis à la baiser avec la meilleure volonté du monde. L’alcool et l’excitation qui s’était emparé de moi depuis déjà un bon moment aidant, elle jouit longuement et puissamment et délicieusement, bien longtemps avant que je sois près d’y arriver.

 

Apparemment repue, même provisoirement, elle se fit un devoir de me délivrer et, après avoir dégagé mon sexe de la capote qui l’enfermait, elle se fit un devoir — autant que visiblement un plaisir — de me tailler une pipe, qui — je dois le dire — fut pour moi tout à fait mémorable. Avalé, sucé, pompé, délicieusement manipulé avec soin rythme et vigueur, englouti et titillé avec talent et délice, mon chibre fut sur le point de rendre l’âme à plusieurs reprises, mais, malheureusement et sûrement à cause des effets cumulés de l’alcool et d’une excitation très longtemps prolongé, je ne dus mon salut — ainsi que mon orgasme, mais est-il utile de le préciser ? — qu’à moi-même, et à la manipulation experte et musclée que je prodiguai à ma bite. Un peu dépitée de n’avoir pas su me faire jouir toute seule, Karine, me promettait monts et merveilles pour les nuits à venir. Amusé de sa colère contre elle-même, et excité par ses promesses, je la rassurais en lui expliquant les raisons contextuelles de mon retard à l’explosion, ainsi qu’en la rassurant sur la grande qualité de ses fellations. C’est ainsi que nous nous endormîmes, lovés l’un contre l’autre, un peu collant, un peu suant, un peu puant, mais soulagé et sereins, non sans avoir auparavant remis le couvert, mais cette fois, tout de même un peu plus rapidement.

 

Bah oui, cher lecteur attentif et assidu, j’ai quelques tendances boulimiques, dès fois. Je sais, c’est pas bien, mais qu’est-ce que tu veux ? On ne se refait pas...

 

Le matin nous surprit assez vertement, tant par sa rapidité à survenir, que par son incroyable capacité à vous faire prendre conscience sans ménagement de la réalité des faits. Avant de nous laisser totalement submergé par elle, mais en ayant tout de même pris le temps de nous livrer à quelques sommaires ablutions, nous nous re-livrâmes nos corps encore ensommeillés en pâture l’un à l’autre. Une fois cela fait, il fallait bien dire que le constat n’était pas forcément que reluisant, et ce, par bien des aspects. Gueules de bois, voix pâteuses, haleines douteuses, nous n’étions que les pâles reflets de ces amants flamboyants et uniques, miraculeux et éternels, qui avaient peuplé cette chambre la nuit dernière. La chambre elle-même semblait refléter notre état de décrépitude, tant le désordre qui la caractérisait, l’odeur de hyène rancie composée principalement de tabac froid, de transpiration, de foutre, et de bière — qui entre temps avait eu la mauvaise idée de se renverser sur la moquette — n’éveillait en moi qu’une sorte de dégoût résigné devant la cruelle et lucide — mais certaine — contingence de notre condition.

 

Ces dans ces vapeurs, que nous engagions une conversation passablement vaseuse, et que à deux reprises en moins des dix minutes que cette conversation dura, Karine me posa la question suivante :

 

« Mais tu fais quoi déjà dans la vie? »

 

Je dois bien vous avouer à vous — mes petits lecteurs adorés et chéris — que cette question éveilla en moi un sentiment assez désagréable, que j’essayais de contenir de plus en plus mal, tout en répondant à la jeune fille. Après avoir commandé le petit-déjeuner et pendant que la demoiselle prenait une douche, je sentis la colère monter en moi. Je commençai vraiment à douter des qualités de la mémoire de la jeune fille, car cette question posée de manière aussi répétitive en aussi peu de temps, à laquelle j’avais répondu à chaque fois le plus honnêtement et le plus complètement possible, me posait un réel problème...

 

Je repensai à tous les événements écoulés depuis notre rencontre, à sa manière de me faire répéter les choses plusieurs fois, à sa descente plus que sérieuse, à son attitude générale que je qualifierais d’ « un peu à côté », et à l’impression de malaise qui m’avait saisi déjà plusieurs fois, quoique de manière fugace, depuis notre rencontre. Dans mon récapitulatif, j’en arrivai à la soupçonner d’une possible poly-toxicomanie, et commençai à redouter très sérieusement de devoir la revoir dans cet état. En fait je commençai à me persuader que cette nana était un peu plus folle que ce que je pouvais supporter, et surtout, que sa personnalité recelait probablement des aspects que je me savais incapable de gérer sereinement.

 

C’est ainsi que malgré les projets que nous fîmes au cours de ce petit-déjeuner de nous revoir dès le soir même, et malgré et le très bon souvenir que je garde encore de cette nuit-là et des qualités indéniables de fellatrice de la jeune femme — ce qui n’est tout de même pas si fréquent que cela, je peux vous l’assurer — je décidai, secrètement à ce moment-là, de ne pas la revoir durant toute la durée de mon séjour toulousain.

17 mai 2006

« Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant »

podcast

Non en fait je voulais parler d’un rêve — certes, étrange et pénétrant — que je faisais quand j’étais petit.

Pourquoi ? Me diras-tu, lecteur attentif et assidu, toi qui est toujours près à poser des questions — un peu — à la con...

Et bien, une fois n’est pas coutume, Cher lecteur attentif et assidu, je te répondrais volontiers.

En fait ça à commencer à me titiller l’esprit avec une note d’ab6, où elle parlait de sa rencontre avec le croque-mitaine, et puis ça a continué avec la note de la locataire de la caverne sur son besoin d’évasionOui ! je sais Alméria, ce n’était pas de ça dont il s’agissait, mais bon, si on ne peut même plus déconner...

Alors voilà, quand j’étais petit, je faisais souvent un rêve très effrayant, un cauchemar en vérité. Je ne sais plus bien comment j’y arrivais, mais je me retrouvais dans un monde peuplé de géants — assez grotesque, par ailleurs, les géants. Il y avait une famille, et dans cette famille, un petit garçon.

Ce petit garçon dormait, et rêvait. C’était le matin, et sa maman essayait de le réveiller pour lui dire qu’il était temps de se préparer pour aller à l’école. Je n’étais pas vraiment présent dans cette scène, j’y assistais un peu à la manière d’une petite souris. Le petit garçon monstrueux se réveillait, et commençait à raconter à sa maman le rêve qu’il était en train de faire lorsqu’elle le réveilla. Et plus j’entendais ce petit garçon raconter son rêve, plus je comprenais que ce petit garçon monstrueux venait de rêver ma vie. Il racontait mon histoire, il décrivait mes parents, mes frères, ma sœur, les évènements qui m’étaient arrivés dans la journée... Il savait tout de moi, c’était proprement sidérant. Sa maman — totalement effrayante, par ailleurs — l’écoutait tranquillement, puis, très gentiment, lui expliquait que JE n’existait pas, que ce n’était qu’un rêve, qu’une histoire et qu’il fallait l’oublier pour se préparer à aller à l’école.

Et moi, dans le rêve, j’étais totalement impuissant, incapable de parler, de communiquer avec eux. Et pourtant je sentais bien qu’il fallait que je leur dise — que je le crie — qu’ils se trompaient et que j’existait vraiment, mais petit à petit je comprenais qu’ils avaient raison. Et, terrifié par cette idée, j’en venais à penser réellement que je n’existais que dans le rêve de ce petit garçon de géant, et que mon existence — ou ce que, à ce moment-là, j’entendais par ce mot-là — ne tenait qu’aux dérives nocturnes de celui-ci. Si par malheur, il lui arrivait de m’oublier, moi je disparaîtrais...

Totalement flippant pour le petit garçon que j’étais...

Le rêve continuait son effet sur moi durant la journée, car me réveillant et repensant à ce rêve, je me disais, qu’en réalité, ce petit garçon géant se fourvoyait complètement, et que c’était son existence à lui qui dépendait de mes nuits... Je tournais et retournais toutes les possibilités dans mon esprit, et malgré mes dénégations farouches et argumentées, il restait toujours un doute sur la réalité de ma propre existence...

C’était une sorte de doute affreux qui venait hanter régulièrement mes nuits de petit enfant. Dans mon rêve, si ce garçon grotesque et monstrueux ne rêvait pas de moi, Moi, je n’existais plus, et le fait que ce soit Moi qui rêvait — et qui donc lui accordais le droit de vivre à ce petit con ! — ne changeait rien à l’affaire.

Ma vie et ma survie ne dépendaient plus de moi ou de mes parents, mais bien des rêves d’un petit garçon monstrueux et grotesque. La vie prenait d’un coup un tour tout à fait effrayant.

Ce « croque-mitaine » ne menaçait pas de me manger où de me faire du mal, non, il menaçait de me tuer, de m’anéantir, simplement en se réveillant, ou en oubliant juste de penser à moi, la prochaine fois qu’il s’endormirait. Et je peux vous assurer que, dans son genre, il était pas mal flippant aussi.

En y réfléchissant maintenant, je ne peux lier ce rêve qu’à ma peur de l’abandon. Avoir peur que je puisse être rayé de la carte par un enfant géant de mes rêves était, sûrement pour moi, une manière de déguiser une peur beaucoup plus présente et beaucoup plus incapacitante, qui était celle d’être abandonné par mes parents. Comme cette peur — ce fantasme — était proprement insupportable pour le petit garçon que j’étais, il fallait l’appréhender par des biais détournés... Car en fait rêver de cela c’était éloigner de moi l’idée que ma vie et ma survie dépendaient de mes parents et de leur amour pour moi. Si ce n’était plus cela qui me maintenait en vie, mais bien — comme cela se déroulait dans mon rêve — un arbitraire absurde sous le masque d’un grotesque rejeton de géant, cela signifiait aussi, que je n’étais pas si dépendant que ça de l’amour et la vie de mes parents. Non que j’étais encore en age de m’occuper de moi tout seul — comme un grand — mais au moins, cela permettait de relativiser...

Au fil des années j’ai appris à comprendre que pour rester en vie, il ne fallait pas que j’attende trop de mes parents, et que à bien des niveaux, il fallait que j’apprennes très vite à ne plus attendre d’eux des réponses et des solutions qu’ils étaient incapable de me donner. Dans ce genre de cas, il faut s’inventer des parents de substitution, et ce que je fis tout au long de mon adolescence.

Aujourd’hui ma maman est peut-être sur le point d’apprendre qu’elle pourrait bientôt nous abandonner. Et je ne suis plus un enfant, et mes rêves ne me servent plus de rien pour appréhender cette monstruosité-là. Est-ce que j’y survivrais, Moi, si elle m’abandonnait ? Hein ?

Ouais sûrement je sais.

Mais comment ?

Ça je ne le sais pas...

27 avril 2006

Auto portrait minute

J'ai 28 ans, un futon moelleux même si je dors mal dessus depuis maintenant trois nuits, pas de chat, pas de chien, pas de petite amie attitré, un vieil iBook tout pouri, un canapé ikéa, pas mal de plantes vertes dont des rosiers et des érables du japon, des voisines très sympa, un voisin psychotique fan de Mylène Farmer, un très bon livre à coté de moi, des amis qui m'attendent pour aller au cinéma, un compte en banque désatreux, un cendrier debordant de mégots, de très beaux yeux, pas de belle fesses même si c'est pas non plus l'horreur, plein de chemise, de plein de couleurs différentes, un gout prononcé pour les jolies filles, la bonne bouffe, les bons vins, la procrastination, et les commentaires en incise; j'ai beaucoup de temps pour moi, des tendances à l'insomnie, à la rêverie, à la procrastination, ah non merde je l'ai déjà dit, et à l'ennui. J'ai pas le temps de finir cette note, la séance commence à ..., Oh Putain, je devrais déjà y être.

24 avril 2006

Orgueil, préjugés mensonges et arrangements...

Alors bon, voilà, je quitte ma copine.
Cela remonte à un peu plus de deux ans.

Ça ne se passe pas très bien pour tout dire.
En fait, cela fait déjà quelques semaines que cela ne se passe plus bien du tout.
Et la rupture arrive.
Et c’est moi qui la provoque.

Comme je peux, c’est-à-dire sûrement avec beaucoup de lâcheté et beaucoup d’atermoiements. Et Mlle V. ne le prend pas très bien, voire pas très bien du tout. C’était à craindre, mais bon, c’est comme ça.
Elle ne veut plus me voir, ne veut plus me parler, est très en colère contre moi.

Enfin, passons, ce sont des choses qui arrivent.

Et puis ce n’est pas tout à fait la vérité, au début — je veux dire au début de notre rupture — on s’est vu quelques fois, et puis un jour je me suis fâché. À la suite d’un problème entre nous qui m’étais d’abord apparu comme anodin, auquel je n’avais pas prêté attention — c’est comme cela que l’on dit — et puis qui est devenu pour moi un motif de rupture avec Mlle V. encore beaucoup plus impérieux que tous les motifs qui avaient conduit à notre rupture officielle, quelques mois auparavant.

Je ne reviendrais pas, ici sur les motifs de cette seconde rupture, car ce n’est pas ce qui m’intéresse pour le moment, mais ce qui est important, c’est que j’étais, cette fois-ci, moi, très en colère, et je lui ai écrit une lettre assez virulente, où je lui laissais entendre que je ne souhaitais plus avoir de contact avec elle. C’était évidemment un énorme mensonge. Ce que je voulais d’elle à ce moment-là c’était une réaction, n’importe quoi. En lui disant de ne pas me répondre, je voulais au contraire la provoquer et la pousser à me répondre, à s’expliquer.

Les jours passent, et puis les semaines et je reste sans nouvelles. C’est un jeu dangereux auquel j’ai joué et perdu.

A orgueil, orgueil-et-demi, et je dus donc me résoudre soit à reprendre contact avec elle, soit à laisser les choses en l’état.

Et ce que je fis fut de ne rien faire.
Orgueil aidant.

Et puis...

Et puis je me suis souvenu de quelque chose.
D’abord à la manière d’une idée idiote, de celles qu’on écarte rapidement, car elles ne sont pas dignes de soi. Mais elles reviennent, insidieusement, et finissent par s’imposer.

Si je n’avais pas de nouvelles d’elle, et puisqu’il m’était impensable de « simplement » reprendre contact avec elle, il me restait la possibilité de l’espionner.
C’est moi qui avais créé sa dernière boîte mail, et si par imprudence, elle n’avait pas changé son mot de passe, ce serait pour moi un jeu d’enfant d’aller y jeter un œil pour, au moins — me disais-je
— me tenir informer. Avoir quelques nouvelles…

L’idée fit son chemin. Très vite je n’y trouvais plus que des avantages, et l’indignité du procédé — et pour tout dire son illégalité, car faire cela s’apparente à de la violation du secret de la correspondance — m’excitait.
J’étais dans le même état qu’un gamin à la veille de son premier vol de bonbon. Adrénaline, excitation, ivresse de la transgression, besoin de savoir, curiosité malsaine, tout se mettait en place pour le passage à l’acte.

Ce que je devais être piteux et pathétique la première fois que je me rendis sur la page du Webmail, suant, honteux et animé d’une joie mauvaise. Je tapai l’identifiant, puis le mot de passe. J’hésitai longtemps avant d’appuyer sur « enter », et puis sûrement en fermant à moitié les yeux, après m’être insulté une bonne centaine de fois, soit pour ma vilenie, soit pour mon manque d’audace, je pressai le retour chariot, en redoutant — ou en l’espérant, qui sait ? — le verdict du serveur…

Elle n’avait rien changé.

Je pénétrai sans difficulté dans sa boîte aux lettres, sans aucun frein, surpris et étonné et pour tout dire un petit peu déçu de ne pas m’être fait attraper la main dans le sac... Je regardai en vitesse son courrier, lu et non lu, reçu et envoyé, en prenant bien soin de les laisser dans le même état que je les avais trouvés, et puis je me déconnectai rapidement, un peu comme un voleur, de peur que, voulant se connecter au même moment que moi, elle se rende compte que quelqu’un était déjà sur sa boite mail...

J’en étais quitte pour plusieurs semaines.

Cette décharge d’adrénaline, cette pénétration à son insu, avait rassasié une pulsion — je me rends compte maintenant — d’ordre sexuel plus que la curiosité elle-même, car, à proprement parlé, je ne découvris rien de passionnant ou bouleversant dans cette première incursion en terrain ennemi.

Et puis quand on a goûté à cette adrénaline une première fois, on y revient.

Et souvent même pour tout dire.

Et puis régulièrement, et même fréquemment, au point qu’après quelques mois mes raids en territoire ennemi se déroulaient au rythme de deux ou trois par semaine. Bien évidemment, l’excitation est passé très rapidement, et pour tout dire le plaisir — tout du moins conscient — aussi. Je ne faisais plus que m’informer de ses états d’âme, ou tout du moins de ceux qu’elles livraient par mails à ses amis. Je savais où elle était, où elle en était, et ce qu’elle projetait. Du moins pour l’essentiel. Et cela me rassurait. Je semblais disparaître de ses préoccupations et cela me rassurait.

Oui, je violais sa correspondance, mais de manière apaisée, sans agressivité et sans mauvaises intentions. Je suivais de loin ses petits déboires sentimentaux, ses réussites professionnelles, et ses relations familiales. Pour ma part je savais que si elle le voulait elle pouvait avoir de mes nouvelles par une amie commune sans pour autant me soucier de savoir si elle le faisait ou non.

La vie suivait son cours. J’avais d’autres relations, d’autres aventures, elle aussi. Cela n’avait plus d’importance...

Ce manège dura comme cela pendant un peu plus d’un an. Un an de mensonges et d’arrangements avec moi, avec elle, avec l’idée que je me faisais d’elle, et l’idée que je me faisais de nos relations. J’en arrivais même à me dire qu’elle le savait, d’une manière ou d’une autre et que si elle ne changeait toujours pas son mot de passe, c’était que cela devait aussi l’arranger quelque part.

...Du pure Délire...

Et puis, le temps faisant, je passais à autre chose, je ne venais plus que très occasionnellement sur sa boite mail, moins d’une fois par mois, juste comme cela, pour voire…

...............

Le temps passa. Je ne l’avais pas oubliée, mais disons que je l’avais mis entre parenthèses, comme rangée. Une histoire classée, en somme.
C’est le moment qu’elle choisi pour réapparaître.
Elle me passa un coup de téléphone. Elle voulait me voire. Discuter. Je n’étais pas à Paris à ce moment-là, mais dès que je fus de retour, nous prîmes rendez-vous.
Je ne vous cacherais pas que ce fut pour le moins tendu au début de ce café qui dura environ cinq ou six heures. On discuta beaucoup, revenant sur notre histoire, notre rupture, nos conflits d’orgueil…
Lorsqu’on se quitta, les choses entre nous étaient vraiment réglées. Nous étions tous les deux enfin arrivés à passer à autre chose et cette rencontre nous permettait d’officialiser tout ceci.
Je lui tus, évidemment
, mes exploits de pilleur de Webmail, en prenant en mon for intérieur la résolution de ne plus jamais recommencer de pareils agissements.

Seulement une ou deux semaines après j’essayais tout de même à nouveau.

.........Elle avait changé son mot de passe.........