30 avril 2006

C'est bon pour la santé...

podcast

Parce que l'atomsphère sur quelques spots de la blogosphère que j'ai le bonheur de fréquenter n'a pas l'air d'être au beau fixe.

Parce que moi même ça ne me ferait pas de mal.

Parce que c'est vrai que si on y réflechit...

Parce que j'en ai envie!!!!

29 avril 2006

Rébut pornographique (?)

La Muse
Bonnichon
me montra
La Marche à suivre
Au pays du sourire
et de la
séduction

J'étais
le King
aussi bien que
tarzan

Fini
Le Baratin
Je lui offrais mon
Ptit Bazar
Robust
et résolu,
qu'elle glissa
Au creux gourmand
de ce qu'elle nomma:
la maison hantée
C'était
la régalade
dans cette
rue etroite
J'étais au
bout du monde
quand, décue, goguenarde et narquoise,
elle me dit dans un souffle,
qu'elle rêvait d'
autre chose
 
 
à suivre... 

28 avril 2006

Petite chanson pour les oubliées de la caverne...

podcast

Je m'excuse par avance je sais pas faire les podcast...

J'ai réussi!!!

http://lacaverned-almeria.blogspirit.com/trackback/744656

27 avril 2006

Auto portrait minute

J'ai 28 ans, un futon moelleux même si je dors mal dessus depuis maintenant trois nuits, pas de chat, pas de chien, pas de petite amie attitré, un vieil iBook tout pouri, un canapé ikéa, pas mal de plantes vertes dont des rosiers et des érables du japon, des voisines très sympa, un voisin psychotique fan de Mylène Farmer, un très bon livre à coté de moi, des amis qui m'attendent pour aller au cinéma, un compte en banque désatreux, un cendrier debordant de mégots, de très beaux yeux, pas de belle fesses même si c'est pas non plus l'horreur, plein de chemise, de plein de couleurs différentes, un gout prononcé pour les jolies filles, la bonne bouffe, les bons vins, la procrastination, et les commentaires en incise; j'ai beaucoup de temps pour moi, des tendances à l'insomnie, à la rêverie, à la procrastination, ah non merde je l'ai déjà dit, et à l'ennui. J'ai pas le temps de finir cette note, la séance commence à ..., Oh Putain, je devrais déjà y être.

26 avril 2006

Grandeur et décadence

 

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Parce qu'il y aura toujours la nostalgie pour nous tirer d'ici...

 

 

25 avril 2006

Putain je commence à me faire vieux…

Vendredi soir dernier, je me retrouve dans une fête de trentenaire. C’est un anniversaire, elle a trente ans, un enfant est en route, et même très en route pour tout dire. Alors autant vous dire tout de suite, que même si je ne le suis pas encore — trentenaire, pour les mal comprenant — je me sens plutôt alerte, en terrain connu, comme dirait l’autre. Qui plus est c’est une amie, enfin une amie d’amis, ce qui est encore plus pratique parce que mes amis étaient là aussi...

Donc tout s’annonçait pour le mieux même si il restait un petit souci. Je veux dire d’organisation.

Il y avait un thème pour la soirée.

C’était blanc.

BLANC

Bah oui, blanc, quoi…

Il fallait être habillé en blanc de la tête aux pieds, amener de l’alcool blanc, n’être accompagné que de blancs, être fan des bandes blanches et prendre des drogues blanches... (C’est même pas vrai d’abord, il y en avait pas.)

Après avoir retourné mon appartement pour trouver la tenue idoine, m’être mis en quête d’une bonne bouteille de ..., et passer boire un verre au Café d’en bas, je me retrouve enfin devant la porte en compagnie de deux amies affublées toutes deux de perruques blanches du meilleure effet.

Bon au début de la soirée, je ne vous cacherais pas que ça fait un peu bizarre, tous ces gens en blanc, qui ne boivent que des dérivées multiple de TGV, et se trémoussent en banc, sur une piste de danse toute blanche, sous les lumières des black guns

Autant vous dire qu’il faut être sur de ses dents, et être capable de surmonter l’impression de malaise qui vous saisit à l’idée que cette réunion de jeunes gens charmant tout en blanc a beaucoup plus l’air de ressembler à une soirée d’intégration ou de recrutement pour la scientologie qu’à une paisible sauterie festive de trentenaire parisien. Alors pour chasser cet arrière-goût nauséabond de mon esprit, et pour ne pas fuir toutes jambes dehors de cette fête, je me mis consciencieusement à me saouler à grandes rasades de Cape-Codder.

L’alcool aidant, je commence à me griser gentiment, à danser furieusement, à discuter naïvement, à flirter doucement.

Et puis...

Et puis une chose en amenant souvent une autre — c’est souvent comme cela, non ? — me voilà embarqué dans cette cuisine d’une blancheur relative, malgré l’heure pas si avancé, dans une discussion en tête-à-tête avec une jeune fille. De quoi nous discourions ? Oh je ne sais plus exactement, mais ce dont je me souviens c’est qu’il était beaucoup question de suçons, de suscion, et d’autres explorations intimes-et-buccales que nous nous prodiguions allègrement. Et puis après avoir pendant un long moment explorer les multiples replis de nos chiffons, nous nous posons quelques questions, à commencer par nos noms, que nous n’avions pas pris le temps de nous dire — À quoi bon !

Les présentations faites nous commençons à discuter pour de bon.

Elle me demande mon age et moi, naïvement, je lui réponds que j’ai donc vingt-huit ans, je lui retourne la question. Elle n’a pas encore atteint vingt-et-un ans. Bon jusqu’ici tout va bien nous ne sommes plus dans les années soixante-dix, et par conséquent je ne tombe plus sous le coup de la loi (Merci Giscard !!! — Oh putain, jamais je n’aurais cru pouvoir écrire un truc pareil…)

Nous continuons nos tractations quand je me souviens que nous sommes vendredi, ainsi que d’un truc qui m’avait trotté dans la tête toute une partie de la journée.

Moi : Tu sais quel jour on est ?
Elle : Bah oui, on est Vendredi.
Moi : oui, mais quel jour ?
Elle : Bah, euh.
Moi : le vingt-et-un avril.
Elle : Ah oui ? Oh moi tu sais…
Moi : En tout cas moi je sais que je me souviendrais toute ma vie de ce jour-là.
Elle (minaudant) : Pourquoi ? Parce ce qu’on s’est rencontré aujourd’hui ?
Moi : Euh...
Elle : À cause de cette fête ?
Moi : Bah non, c’est pas vraiment ça, quoique maintenant que tu le dis...
Elle : Bah alors ?
Moi : Ca ne te dit vraiment rien le 21 Avril ?
Elle : Euh, non.
Moi : Le 21 Avril 2002 ???
Elle : ...
Moi : Mais tu as quel âge ?
Elle : Bah 21 ans, je te l’ai déjà dit. Enfin pas tout à fait encore.

Et moi de calculer dans ma tête qu’elle n’avait que dix-sept ans, il y a quatre ans, le 21 avril 2002. Elle ne s’en souvient pas, ça ne l’a pas marqué plus que ça, cela ne fait pas parti de ses souvenirs immédiat…

Et moi d’un coup je me mets à penser à l’age qu’elle avait le jour de la finale de la coupe du monde 1998......

C’est ça en fait l’age qui arrive, ce que l’on croyait être connu de tous ne l’est pas. Nos souvenirs collectifs c’est ce qui nous permet de nous reconnaître, de nous constituer en tant que generation. Je parle de ceux dont, quoiqu’il arrive on sait que d’une part on s’en souviendra, et que d’autre part à peu près n’importe qui d’autre s’en souviendra également. Ça agit comme un jalon, une borne. Et quand on se rend compte que l’on commence à ne pas les partager avec des gens plus jeunes…

Putain, qu’est-ce qu’on se prend comme coup de vieux !

24 avril 2006

Orgueil, préjugés mensonges et arrangements...

Alors bon, voilà, je quitte ma copine.
Cela remonte à un peu plus de deux ans.

Ça ne se passe pas très bien pour tout dire.
En fait, cela fait déjà quelques semaines que cela ne se passe plus bien du tout.
Et la rupture arrive.
Et c’est moi qui la provoque.

Comme je peux, c’est-à-dire sûrement avec beaucoup de lâcheté et beaucoup d’atermoiements. Et Mlle V. ne le prend pas très bien, voire pas très bien du tout. C’était à craindre, mais bon, c’est comme ça.
Elle ne veut plus me voir, ne veut plus me parler, est très en colère contre moi.

Enfin, passons, ce sont des choses qui arrivent.

Et puis ce n’est pas tout à fait la vérité, au début — je veux dire au début de notre rupture — on s’est vu quelques fois, et puis un jour je me suis fâché. À la suite d’un problème entre nous qui m’étais d’abord apparu comme anodin, auquel je n’avais pas prêté attention — c’est comme cela que l’on dit — et puis qui est devenu pour moi un motif de rupture avec Mlle V. encore beaucoup plus impérieux que tous les motifs qui avaient conduit à notre rupture officielle, quelques mois auparavant.

Je ne reviendrais pas, ici sur les motifs de cette seconde rupture, car ce n’est pas ce qui m’intéresse pour le moment, mais ce qui est important, c’est que j’étais, cette fois-ci, moi, très en colère, et je lui ai écrit une lettre assez virulente, où je lui laissais entendre que je ne souhaitais plus avoir de contact avec elle. C’était évidemment un énorme mensonge. Ce que je voulais d’elle à ce moment-là c’était une réaction, n’importe quoi. En lui disant de ne pas me répondre, je voulais au contraire la provoquer et la pousser à me répondre, à s’expliquer.

Les jours passent, et puis les semaines et je reste sans nouvelles. C’est un jeu dangereux auquel j’ai joué et perdu.

A orgueil, orgueil-et-demi, et je dus donc me résoudre soit à reprendre contact avec elle, soit à laisser les choses en l’état.

Et ce que je fis fut de ne rien faire.
Orgueil aidant.

Et puis...

Et puis je me suis souvenu de quelque chose.
D’abord à la manière d’une idée idiote, de celles qu’on écarte rapidement, car elles ne sont pas dignes de soi. Mais elles reviennent, insidieusement, et finissent par s’imposer.

Si je n’avais pas de nouvelles d’elle, et puisqu’il m’était impensable de « simplement » reprendre contact avec elle, il me restait la possibilité de l’espionner.
C’est moi qui avais créé sa dernière boîte mail, et si par imprudence, elle n’avait pas changé son mot de passe, ce serait pour moi un jeu d’enfant d’aller y jeter un œil pour, au moins — me disais-je
— me tenir informer. Avoir quelques nouvelles…

L’idée fit son chemin. Très vite je n’y trouvais plus que des avantages, et l’indignité du procédé — et pour tout dire son illégalité, car faire cela s’apparente à de la violation du secret de la correspondance — m’excitait.
J’étais dans le même état qu’un gamin à la veille de son premier vol de bonbon. Adrénaline, excitation, ivresse de la transgression, besoin de savoir, curiosité malsaine, tout se mettait en place pour le passage à l’acte.

Ce que je devais être piteux et pathétique la première fois que je me rendis sur la page du Webmail, suant, honteux et animé d’une joie mauvaise. Je tapai l’identifiant, puis le mot de passe. J’hésitai longtemps avant d’appuyer sur « enter », et puis sûrement en fermant à moitié les yeux, après m’être insulté une bonne centaine de fois, soit pour ma vilenie, soit pour mon manque d’audace, je pressai le retour chariot, en redoutant — ou en l’espérant, qui sait ? — le verdict du serveur…

Elle n’avait rien changé.

Je pénétrai sans difficulté dans sa boîte aux lettres, sans aucun frein, surpris et étonné et pour tout dire un petit peu déçu de ne pas m’être fait attraper la main dans le sac... Je regardai en vitesse son courrier, lu et non lu, reçu et envoyé, en prenant bien soin de les laisser dans le même état que je les avais trouvés, et puis je me déconnectai rapidement, un peu comme un voleur, de peur que, voulant se connecter au même moment que moi, elle se rende compte que quelqu’un était déjà sur sa boite mail...

J’en étais quitte pour plusieurs semaines.

Cette décharge d’adrénaline, cette pénétration à son insu, avait rassasié une pulsion — je me rends compte maintenant — d’ordre sexuel plus que la curiosité elle-même, car, à proprement parlé, je ne découvris rien de passionnant ou bouleversant dans cette première incursion en terrain ennemi.

Et puis quand on a goûté à cette adrénaline une première fois, on y revient.

Et souvent même pour tout dire.

Et puis régulièrement, et même fréquemment, au point qu’après quelques mois mes raids en territoire ennemi se déroulaient au rythme de deux ou trois par semaine. Bien évidemment, l’excitation est passé très rapidement, et pour tout dire le plaisir — tout du moins conscient — aussi. Je ne faisais plus que m’informer de ses états d’âme, ou tout du moins de ceux qu’elles livraient par mails à ses amis. Je savais où elle était, où elle en était, et ce qu’elle projetait. Du moins pour l’essentiel. Et cela me rassurait. Je semblais disparaître de ses préoccupations et cela me rassurait.

Oui, je violais sa correspondance, mais de manière apaisée, sans agressivité et sans mauvaises intentions. Je suivais de loin ses petits déboires sentimentaux, ses réussites professionnelles, et ses relations familiales. Pour ma part je savais que si elle le voulait elle pouvait avoir de mes nouvelles par une amie commune sans pour autant me soucier de savoir si elle le faisait ou non.

La vie suivait son cours. J’avais d’autres relations, d’autres aventures, elle aussi. Cela n’avait plus d’importance...

Ce manège dura comme cela pendant un peu plus d’un an. Un an de mensonges et d’arrangements avec moi, avec elle, avec l’idée que je me faisais d’elle, et l’idée que je me faisais de nos relations. J’en arrivais même à me dire qu’elle le savait, d’une manière ou d’une autre et que si elle ne changeait toujours pas son mot de passe, c’était que cela devait aussi l’arranger quelque part.

...Du pure Délire...

Et puis, le temps faisant, je passais à autre chose, je ne venais plus que très occasionnellement sur sa boite mail, moins d’une fois par mois, juste comme cela, pour voire…

...............

Le temps passa. Je ne l’avais pas oubliée, mais disons que je l’avais mis entre parenthèses, comme rangée. Une histoire classée, en somme.
C’est le moment qu’elle choisi pour réapparaître.
Elle me passa un coup de téléphone. Elle voulait me voire. Discuter. Je n’étais pas à Paris à ce moment-là, mais dès que je fus de retour, nous prîmes rendez-vous.
Je ne vous cacherais pas que ce fut pour le moins tendu au début de ce café qui dura environ cinq ou six heures. On discuta beaucoup, revenant sur notre histoire, notre rupture, nos conflits d’orgueil…
Lorsqu’on se quitta, les choses entre nous étaient vraiment réglées. Nous étions tous les deux enfin arrivés à passer à autre chose et cette rencontre nous permettait d’officialiser tout ceci.
Je lui tus, évidemment
, mes exploits de pilleur de Webmail, en prenant en mon for intérieur la résolution de ne plus jamais recommencer de pareils agissements.

Seulement une ou deux semaines après j’essayais tout de même à nouveau.

.........Elle avait changé son mot de passe.........

23 avril 2006

Encore un pour la route...

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À voire également de toute urgence:
le travail de Monsieur Procrastin 

18 avril 2006

L’inaptitude à l’illusion

Nous sommes inaptes à l’illusion.

Nous nous méfions férocement de tous ceux qui croient, qui s’attachent encore à cette vieille chose bizarroïde, la croyance, l’illusion de l’action pour une cause, l’illusion du bonheur dans le couple, l’illusion du salut et du soutient de Dieu — peu importe comment on nomme cette chose-là, qui veille au-dessus.

Nos parents étaient mélancoliques, de ces gens qui en ont vu assez pour ne plus s’en laisser compter, ne plus se faire berner, qui ont vu, de leurs propres yeux vu que Dieu était absent de tout.

Dieu ou l’idée de Dieu, c’est tout un.

Ils étaient psychanalystes et croyaient encore à la psychanalyse comme chance de salut personnel, comme voie de rédemption possible.
Mais nous, leurs enfants , nous les avons vu, et plus d’une fois et de plus en plus souvent encore, totalement désespérés, totalement désemparés.

Ils nous ont transmis cette mélancolie qui est aussi une lucidité, une intelligence et qui nous interdit a priori l’assentiment féroce et accompli à toutes choses. Toutes personnes. Toutes idées.

Inaptes à l’illusion. Voilà ce que nous sommes.

Condamner à la chercher férocement et obstinément dans nos vies, car elle nous a été refusé à l’origine.

Le paradoxe, oui !

Le paradoxe de ces enfants aspirants artistes, doués, travailleurs, persévérants dans un royaume qui leur est a priori à tout jamais interdit.

Nous ne croyons plus en rien.

Avons-nous même déjà cru, je ne le crois pas, et c’est certainement ce qui nous sauve peut-être du cynisme ou du suicide.
Nous ne sommes pas déçus, nous sommes désillusionnés.

Cette idée de croyance, nous n’y avons pas renoncée, on ne nous l’a pas transmis, et c’est ce qui nous pousse à la chercher avec autant d’ardeur, à essayer soit d’en comprendre les mécanismes, soit d’en produire nous mêmes.
Nous ne la connaissons pas, l’illusion, cela reste un mystère, et c’est pour cela que nous l’aimons tant, que nous la désirons si violemment. Nous nous délectons de l’artifice, quand parce que nous choisissons de nous en délecter.
Nous aimons les gens très artificiels, les formes très artificielles, les objets artificiels quand ils parlent d’eux mêmes.
Nous aimons et nous nous moquons et cela nous fait rire, et c’est tout un.

La foi, nous ne l’éprouvons pas, nous la contemplons, nous la concevons.

Et le plus étonnant, et le plus réjouissant, c’est quand nous réussissons à croire à nos propres constructions chimériques.
Nous ne refusons pas de croire, nous y sommes mêmes tout prêt, demandeur impuissant de cette chose-là, l’innocence ; et quand elle arrive, qu’elle survienne ou qu’elle soit suscitée, c’est une jouissance, une réjouissance sans comparaison.

Arriver à croire à l’amour, quel défi !
Arriver à croire au bonheur, quel scandale !
Arriver à croire à l’identité, à la personnalité, à l’artistique, à l’œuvre, à la communauté…

Arriver, car il s’agit d’un chemin.

Apprendre à reconnaître et à s’accaparer l’innocence et la foi, la vie.

L’absurde nous apparaît formidablement plus vrai que n’importe quelle idée fondée, parce que justement l’absurde est l’absence de fondements, la vérité toute nue, puisque inassimilable.

Nous sommes condamnés à ne pas être à la mode.
La lucidité nous interdit sans aucun recours de nous laisser prendre aux influences de l’instant.
La méfiance règne nécessairement. Quoi de plus suspect que cette chose-là la mode.
Si on y réfléchit à deux fois, il s’agit quand même de quelque chose de très similaire à la publicité, c’est-à-dire une activité qui utilise la faiblesse et la naïveté, le besoin d’illusion et d’intégration de tout un chacun.

Tout n’est qu’illusion.
Tout est illusion.
L’illusion est le fondement de tout.
Sans aveuglement, pas d’humanité.
Sans foi, pas d’homme.
Alors pour nous qui sommes les sans illusions, il nous reste à comprendre ce principe, et à essayer de l’appliquer, tant bien que mal, à nos vies.

Si nous faisons du théâtre, c’est pour essayer de comprendre comment les autres font pour vivre, et aussi pour essayer de vivre nous aussi, plus grand, plus fort, plus beau et plus artificiel que nous sommes.

Fleur superbe et délicate

Fleur superbe et délicate
Corolle sérieuse et attentive
Assise sur la chaise, ses pieds ne touchent pas terre
Délice du balancement, infinie douceur
De l’effleurement des pointes de ses petons sur le sol de ciment
Et cette histoire, cette Si Belle histoire
Du petit garçon qui dit je veux
Et qui obtient
Je suis sous le charme ou je suis amoureux
Peut-être même les deux
Ce corps si étonnant
Virginale enfance qui a vaincu l’étonnement
Petit démon au visage d’ange soucieux
Éternelle figure d’enfant triste
Qui sait déjà ce qu’il y a à savoir
Et puis
Et puis la douleur si vivifiante si dérisoire et si douce encore
De la sentir, pour un temps encore
Si inaccessible à portée de mon bras
O ciel inimaginable que tant ont déjà su
Surmonte ta peur rimeur amoureux
Surmonte ta peur et fonce tête baissée, tête dressée
Sois le pourfendeur acharné et héroïque de tes propres limites
Et conquière victorieux
Dans la douceur d’une geste accomplie la Fleur qui te hante
Fascinante douceur
Déterminée et patiente en un même temps
Figure humble d’un orgueil souterrain
Modèle réduit d’un infini accomplissement
Poésie d’une enfance faite femme [mais non pas
Femme enfant délurée et mutine et brillante
Mais] enfance douce et triste et paisible
[Intelligence apaisée et patiente]
Beauté au manteau gris
[Bas superbes, géométriques et entêtant]
Cheveux démiurges et épais
À y perdre ses doigts à force de caresses
Pétale d’éternité…


Petit Poème en forme...


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