01 juin 2006
Tu vois de quoi je parle? Non?
Bon ça fait un petit peu trop longtemps à mon goût que je n’ai pas laissé mes petites traces odoriférantes sur vos écrans nacrés. Je n’ose imaginer si vous êtes du même avis. En fait ce n’est pas trop mon problème, mais bon, je fais semblant de m’intéresser à toi, mon cher lecteur attentif et assidu...
Non mais là je mens encore, je dissimule, parce que pour être honnête, je suis très avide de savoir ce que tu penses de moi, très avide de savoir si tu me lis et si tu apprécies ; la seule raison de ce blog, c’est toi, mon cher lecteur attentif et assidu... Et je ne saurais jamais assez te remercier de ta précieuse présence dans ces lieux, de tes douces et tendres attentions à mon égard, de tes petits mots doux ou coquins ou taquins que tu déposes ici ou là à mon attention...
Tu sais que je t’aime, mon cher lecteur, qui que tu sois — quoique, et sans vouloir ici semer la zizanie, j’ai tout de même mes préférés... Oui, mon loulou — tu permets que je t’appelle comme ça ? — quel que soit ton sexe, quelle que soit ta couleur de peau, quel que soit ton métier, quelles que soient tes pensées, tes amours ou tes haines, je t’aime et te respecte et te vénère. Tout le reste, ce n’est pas mon problème. Moi, je t’aime parce que tu me lis et cela, venant de toi — mon cher lecteur attentif et assidu — me suffit.
Je n’en veux pas savoir plus sur qui tu es, qui tu hais ou qui tu aimes.
C’est dire à quel point je m’en fous de toi, mon cher lecteur, car, au cas où tu ne l’aurais pas compris — on ne sait jamais, il se peut que tu sois aussi mentalement déficient qu’un obscur employé de la Régie Autonome des Transports Parisiens (pourquoi je dis ça ? je ne sais pas moi !) — je ne m’intéresse qu’à moi ici, et toi, tu n’existes qu’à partir du moment où tu me donnes le sentiment d’exister, et de m’apporter — ne serait-ce que l’espace d’un instant — l’illusoire gloire virtuelle d’avoir su t’intéresser à mes divagations...
Non, mais je sais, cela énerve un certain nombre d’entre vous ces préambules, mais, moi j’aime bien. Ça a comme vertu de me mettre en train !
En fait, pour tout te dire, mon cher lecteur, avant de me faire englober et quelque peu asphyxier dans les méandres et tourbillons de la matrice globosphérique, j’avais — qui a dit un semblant ? QUI ??? — une vraie vie, et par conséquent, aussi, de vrais amis. C’est étrange les amis, on ne sait jamais trop ce sur quoi ça tient l’amitié. Je veux dire si on essaye d’aller un peu au fond des choses. Non parce que sinon on ne se pose aucune question, et alors, tout de suite c’est beaucoup plus simple, hein ? Ouais, c’est sûr. Mais, mon défaut principal — au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, mon cher lecteur attentif et assidu — est de me poser des questions. Pas au point d’avoir des scrupules tu me diras. Ouais c’est sûr. Des questions, oui, mais des scrupules, rarement... Quoique parfois j’aurais peut-être dû. Je ne sais pas.
Oui, et en même temps c’était sûrement un peu pourri d’avance cette histoire...
Laquelle ? Mais ça arrive... ‘tain qu’est-ce que tu peux être impatient, toi...
Non c’est juste en fait que j’avais envie de te raconter un truc un peu marrant. Tu te souviens de ce que certaines de nos amies nous disaient ? Mais si, tu sais, je veux parler de ces amies dont on était éperdument amoureux en secret, de celles qui ne se doutaient absolument pas que l’attachement qui nous liait à elles n’était pas totalement dépourvu d’arrières pensées à caractère sexuelo-copulatoire. Si, tu vois bien de celles dont je parle, je suis sûr. Ces fameuses meilleures amies que tout garçon digne de ce nom a traîné dans ses petits papiers — ou carnet, ou agenda, ou répertoire, ou Palm, c’est selon — pendant une période pouvant aller de quelques semaines à plusieurs dizaines d’années. Tu vois mieux maintenant, hein...
Et bien maintenant souviens toi de ce qu’elles te disaient, ces filles-là. Souviens toi de la phrase, que par complaisance — et plus sûrement aussi par timidité ou par simple peur de la perdre — tu n’as jamais osé contredire ; que tu as toujours adoubée, au risque de te renier, au prix du mensonge le plus éhonté...
Mais si, je suis sûr que ça va te revenir d’un coup — avec la force et la violence d’un poing dans ta gueule. Désolé... — quand je vais te la dire, cette saloperie de merde de phrase à la con que tu n’osais pas contredire et qui t’as — tout comme moi, ou bien alors c’est vraiment que je suis dingue, moi ! — ruiné pendant de nombreuses nuits...
« Tu sais, ce que j’aime bien avec toi, c’est qu’il n’y a pas d’ambiguïté. C’est pour ça que j’aime bien passer du temps avec toi, tu vois. Tu me considères comme une amie, c’est tout... »
Tu te l’ais bien pris dans la gueule, non ? Ça va ? Pas trop de bobos ? T’es sûr ? Bon bah je continue alors.
Tu vois cette phrase, elle m’a ruiné plus d’une fois. C’est fou quand tu y penses. Plus j’avais vraiment envie d’être avec une fille, moins il m’était facile, ou possible de le lui dire, ou de lui faire comprendre. Donc je m’arrangeai pour devenir — en quelque sorte — un ersatz d’amoureux. Présent, prévenant, soutenant, et totalement asexué. Et le problème, Mec , c’est qu’une fois que tu as mis le pied dans cet engrenage-là, une fois que tu as commencé à te la jouer garçon pas du tout intéresser par toi, c’est quasiment impossible de faire machine arrière. Eh ouais ! T’as beau essayer ensuite de faire valoir aux yeux de la jeune fille que — toi aussi — tu pourrais être l’être aimé de sa charmante personne, en pratique t’as quasiment aucune chance, que cette idée lui plaise au point qu’elle fasse de toi son polochon projectif préféré...
Mais qu’est-ce que c’est con ce truc-là ! Il n’y a pas d’ambiguïté... Non mais putain, tu étais aveugle ou quoi ? Tu n’as vraiment rien remarqué ? Mais tu crois que c’était pour Quoi que je passais tout mon temps libre avec toi ? Que je passais des heures à t’écouter me raconter — au choix — tes déboires ou succès sentimentaux, tes minuscules péripéties familiales à base de brouilleries puis réconciliations puis re-brouilleries puis re-réconciliations avec ta mère ton frère ta sœur ton père ta grand-mère ton chat ? Pourquoi, j’étais toujours libre quand Tu voulais bien me voir ?
Pourquoi j’étais comme par hasard à la terrasse du café d’en bas de chez toi, à l’heure où tu rentrais ? Non mais sérieusement, dis-moi que tu avais compris, parce que sinon, c’est à désespérer cette histoire... Tu ne te doutais vraiment de rien ? Non ? Même pas lorsque pendant deux ans de suite j’étais toujours le premier à te souhaiter ton anniversaire, ta fête, Noël, la bonne année et la Saint-Valentin — euh... ah non, pas celle-là... — ? Pourquoi je passais des heures au café avec toi ? Pourquoi je relisais et corrigeais tous tes travaux et autres devoirs scolaro-universaire ? Tu ne t’es jamais demandée pourquoi, aucun — Aucun !!! tu m’entends, aucun d’entre eux... — de tes différents mecs ou amoureux ne m’a jamais réellement apprécié, hein ?
Allez va, je ne te crois pas. Je suis certain que tu savais très bien ce que je projetais sur toi, ce que je voulais obtenir de toi. Mais bon, c’était peut-être trop compliqué pour toi de te l’avouer ? C’est ça ? C’est ce genre de connerie dont je vais devoir me contenter ? bah, tant pis alors, je ferais avec... Enfin, j’ai fait avec, parce depuis, tu sais, j’ai un peu changé ma manière d’aborder les choses, et puis, les choses ne se sont pas toujours passées de la même manière qu’avec toi.
En fait c’était surtout de cela dont je devais parler au début, mais bon...
Tant pis ce sera pour la prochaine fois !
15:00 Publié dans à suivre (ou pas), Humeurs fétides | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
20 mai 2006
"Mais tu fais quoi déjà dans la vie?" — Où comment l'amnésie a eu raison de la libido de notre jeune héros...
Comment commencer ? C’est toujours la question, n’est-ce pas ? D’une certaine manière c’est sûr, et en même temps, bon... On s’en fout un peu, non ? C’est pas ça l’important.
Non alors juste avant de commencer, un petit préambule sur mon état de procrastination actuel. Non, lecteur attentif et assidu de mon cœur, je ne vais pas ici te livrer mes états d’âme profonds. C’est juste que je me faisais la réflexion, il y a quelques minutes en rentrant du Bistrot d’à Côté — où j’ai bu un Coca Light, je précise, dès fois que vous me preniez réellement pour un alcoolique profondément dépendant... — qu’il y avait quelque chose d’assez navrant dans ma participation blogosphèrique en ce moment. Non pas navrant de par la qualité de mes notes ni même de mes commentaires — je suis bien trop fier de ce que je fais pour m’avouer cela, ne serait-ce que l’espace d’un instant — mais bien de par mon activité-même en ce moment, truffé de paradoxe, et, en même temps, terriblement suiviste et conformiste par rapport à l’époque. Car, il faut bien dire —et c’est ce que je fais — que mon activité préféré pourrait se résumer à être présent, visible aux yeux des autres, à occuper le terrain coûte que coûte, à trouver le commentaire pertinent, celui qui fera rigoler mon correspondant, ou bien qui sera à même de provoquer ou d’entretenir une polémique. Et puis j’aime bien avoir l’illusion que je suis omniscient, et comme depuis trois ou quatre jours cela n’arrête pas d’interopérabiliter et d’intercorrespondre d’un blog à l’autre et d’un commentaire à son voisin, moi, dans mon obsession prométhéenne et dans mes phantasmes d’ubiquité, je passe un temps fou à m’amuser à sauter d’un lieu à l’autre, pour y laisser mes petites traces odoriférantes, à baliser mon territoire virtuelle et imaginaire, en somme. Et c’est y quand même pas un peu bizarre et suspect de vouloir à ce point être présent et visible et au courant de tout sur tout et tous et toutes, pour moi, qui ne veut pas livrer une once de ma réelle identité, qui me cache et me préserve — de quoi, d’ailleurs ? c’est bien la question... — derrière le masque de cet Artiste Assoiffé ?
Et puis, toujours en remontant la rue jusqu’à chez moi, je comprends, en un instant que tout cela, en plus d’être paradoxal, et quelque peu incohérent — ce qui par ailleurs ne serait pas forcément pour me déplaire — est aussi, plus prosaïquement, tout simplement navrant dans le sens où je suis, en ce moment, en plein dans le mouvement de mon époque, où la chose qui prime avant tout est la communication... Peut importe ce que l’on à dire, peu importe à vrai dire si c’est intéressant, vrai, drôle, pertinent, sensible, l’important c’est de communiquer sur le fait qu’on parle, de manière à ce que — comme dirait l’autre imbécile — Tout le Monde en Parle ! ... C’est navrant à dire, mais en ce moment, je suis bien obligé de faire constat que ce qui m’amuse le plus, ce qui me tient éveillé jusqu’à des heures indues, ce qui m’entraîne à laisser la poussière s’accumuler dans mon appartement, ce qui me retient de régler des tas de problèmes vraiment important dans ma vraie vie à moi, c’est le simple fait de rendre mon avatar — mon Blase, dirait les vieux militants — visible et présent sur la petite orbite blogosphérique que je fréquente...
Bon en même temps, rassurez vous — ou consternez-vous, ou prosternez-vous, ou Jacques-à-dit mettez-vous à genoux, c’est selon — ce n’est pas demain la veille — et non pas la vieille, parce que sinon, ça ne veut plus rien dire du tout — que je m’arrêterais de polluer les commentaires de mes chères et chers correspondants...
Enfin tout ce préambule n’avait pour but que de répondre à la question qui se pose dans le titre de cette note, et dont je dois bien avouer que je n’ai pas la moindre idée de la réponse en ce moment.... Mais en même temps, ce qui me conduisit à poser cette question en forme de titre, n’a rien à voir avec ce que je viens de développer plus haut. En réalité c’est la question qui me fut poser il n’y a pas si longtemps que cela, de manière assez répétitive par une jeune fille, et qui de par même sa répétitivité, me fit perdre tout sentiment concupiscent à son endroit. Alors pour vous la faire courte — ou long, c’est selon — permettez moi de vous plongez dans la situation...
Je suis à Toulouse, il y a quelques moi de cela, en déplacement professionnel, comme souvent durant cette période. Nous venons d’arriver, nous ne travaillons que le lendemain. On s’est fadé le voyage en train — en première certes, mais bon, quand même ça reste environ cinq heures de train... — et qui plus est on venait juste de rentrer de Brest je crois, et la fatigue aidant et s’accumulant de trajet en trajet, on commençait sérieusement à accuser le coup. Enfin je dis « on », je devrai dire « je », parce que pour les autres, je sais pas, moi... Et puis, bon il faut bien dire que le patron, il avait pris l’avion pour venir à Toulouse, et alors forcément, ça créer toujours un peu de ressentiment, les différences de traitements au sein d’une équipe aussi soudée que la notre... Tout ça pour dire que j’étais un peu crevé, et qu’en même temps, étant donné la vie totalement déstructuré — géographiquement parlant — que je menais à cette époque — un seul exemple, à ce moment-là j’avais l’impression bizarre que mon appartement parisien était une sorte de chambre d’hôtel très surchargé au niveau déco, et dont le service était tout à fait déficient, surtout eu égard au prix que cela me coûtait — la perspective d’avoir une « vraie » soirée de libre, même dans cette environnement totalement inconnu pour moi qu’était la métropole rose bonbon, était tout à fait réjouissante et revigorante...
Une fois déballée ma valise à l’hôtel, je me rends en compagnie de mes collègues en direction du restaurant de la place W., où nous avions réservé pour débuter la soirée. Soit dit en passant le « W. » c’est juste une coquetterie de mauvais aloi, puisque n’importe qui connaissant un peu la bonne ville de notre étrange et (pas si) bon ministre des affaires étrangères voit très bien de quelle place je parle... Là, un peu par hasard, nous retrouvons le patron, qui a eu la même idée que nous au niveau du restaurant. Mais qu’à cela ne tienne, plus on est de fou, plus on rit, et nous voilà de nouveau, et une fois de plus — Ouais, je sais, mais qu’est-ce que vous voulez ? j’aime bien être redondant de temps à autre ! — attablé pour manger, boire, et deviser gentiment de sujets passionnants comme, au choix, la comparaison de la taille et des commodités de nos chambres d’hôtels, la pénibilité de notre condition de V.R.P. du moment, la très faible intensité de nos relations extraprofessionnelles, la qualité du vin, l’évaluation du potentiel de rencontres extraconjugales possibles en milieu midi-pyrénéen, l’existence ou non d’un complot international destiné à nous prendre toujours nos réservations de trains dans le wagon de tête à Montparnasse, nous obligeant, par la même, à d’interminables course poursuite sur les quais de gares parisiens, l’incroyable diversité culinaire de notre beau pays, ainsi que de l’état de déliquescence du couple malencontreusement situé à côté de nous. Ceci ayant été dit, ingéré, bu, et commenté abondamment, nous payons chacun notre (pas si) petite part d’addition, et commençons à planifier notre fin de soirée, ou début de nuit, c’est selon.
Mon cher collègue M. — qui par ailleurs m’insupporte au plus haut point, et pour tout vous dire, pas que moi — a eu la bonne idée, une fois n’est pas coutume, d’avoir des amis toulousains, qui lui conseillèrent, d’aller boire un verre à côté de la place W., dans une Taverne appelé « Les Coulisses ». Bon, en fait, il n’a pas vraiment d’amis mon collègue M. qui m’irrite tellement. C’est simplement qu’il a le contact facile avec les gens, et qu’il choppe hyper rapidement des numéros de téléphone, et que du coup il passe son temps à passer des coups de fils absurdes-et-enjoués à quantité de gens qui — trop gentils ou trop cons, ça reste à voir — ont l’amabilité de lui répondre... Donc en réalité, son super meilleur ami de la mort qui tue, était juste une vague connaissance, qui n’a même pas daigné le rejoindre au susmentionné établissement...
Donc — et pour en revenir devant vos yeux ébahies et ébaubies à nos moutons — nous nous dirigeons vers Les Coulisses, en petite bande d’environ une demi-douzaine, et nous nous installons sur la terrasse gardée dudit établissement. Avant toute chose, il faut dire que nous étions le jour de la Saint-Valentin, et que ce jour-là ce merveilleux débit de boisson Toulousain — sorte de Hard Rock Café déclassé de province, repère de la jeunesse au poches bien pleines et au cerveau léger — avait eu la bonne idée d’organiser une soirée Facteur, dans le but de s’attirer la clientèle célibataire, qui, un soir comme celui-là aurait eu, ailleurs, la désagréable impression de ne pas être totalement à sa place. Une soirée Facteur — pour ceux et celles de mes lecteurs attentifs et assidus qui ne seraient pas à la page des derniers concepts markettingo-pourris qui sévissent dans le milieu de la nuit — se déroule de la manière suivante : à l’entrée du bistrot, après s’être fait reluquer de haut en bas par le videur — et plus ou moins consciencieusement selon son sexe ou sa couleur de peau — une charmante hôtesse te colle de manière bien visible, une étiquette avec un numéro, puis, une fois que tu t’es installé à une table, elle vient te filer un bloc-notes pré imprimé et des stylos bille tout pourris. Là tu prends conscience de deux choses. Et d’une, tu n’es pas le seul auquel on a collé de force une étiquette sur le veston, car tout le monde dans le bistrot semble logé à la même enseigne, clients et personnel compris ; et de deux, le but du jeu est d’écrire des petits mots au numéro que tu désires — de préférence graveleux, les petits mots — de la part de ton numéro, et adressé à la personne au numéro de ton choix par l’intermédiaire de deux hôtesses dont le boulot consiste, à récolter les petits papiers et à aller les redistribuer — un vrai boulot de con en résumé... Notre Patron nous ayant rejoint après avoir tout de même eu l’extrême délicatesse d’accompagner ses enfants et ses parents, jusqu’à leur hôtel — pas le nôtre, un palace toulousain avec vue plongeante et panoramique sur la place du Capitole ; c’est le patron tout de même, il est pas là pour se faire chier ! —, et après quelques Mojitos consommés, notre petite bande commence à se laisser prendre au jeu, et à faire des allers-retours entre la terrasse et la salle, pour repérer des cibles, puis pour leur faire de grotesques déclarations enflammées.
Ce petit jeu dure le temps qu’il peut, mais assez vite notre jeune héros — à savoir moi-même pour les cancres (Toujours les mêmes !!!) qui ne suivent plus... — se rend compte que cela l’emmerde profondément, d’autant plus qu’étant donné le nombre de personne présente au seing de l’établissement, ça prend un temps de taré entre le moment où tu files ton papier à la Factrice, et le moment où te reviens la réponse. Tu as très vite fait de comprendre que si tu ne veux pas perdre totalement ta soirée, tu as plutôt intérêt à porter le papier toi même, mais quand tu te retrouve devant la personne, tu te demandes vraiment si la meilleure solution pour l’aborder est de lui donner un papier ridicule, ou bien d’aller lui parler directement. Hein ? Qu’est-ce que tu en penses, lecteur attentif et assidu de mon cœur ? Alors bon, la soirée se poursuit au rythme des Mojitos ingérés, des passes d’armes cordiales et haineuses entre mon collègue M. et moi, et de quelques jolies filles que nous nous disputons, à coup de danses endiablées, de discussions fumeuses, d’échanges de numéros de portable et de concours de chapeau ridicule... Hum...
Ici, le narrateur préfère ne pas expliquer en quoi consiste un concours de chapeau ridicule pour des raisons qui touchent, entre autres, à sa propension à ne pas trop se couvrir de ridicule aux yeux de ses fidèles lecteurs attentifs et assidus...
C’est à peu près au milieu de ce joyeux bordel alcoolisé que notre jeune héros fait la connaissance de Karine, — que nous appellerons Karine car elle s’appelle Karine — jeune toulousaine à peu près du même âge que lui, l’air tout autant amusé et surpris et gêné que lui de se trouver dans un endroit aussi peu en adéquation avec ses fréquentations habituelles. Bah oui, car notre jeune héros — malgré tout le mal que vous pouvez penser de lui — n’a pas l’habitude de fréquenter des bistrots pleins de blondasses décolorées et écervelées trémoussant leurs attributs devant les yeux de jeunes cons pleins de pognons et super méga sympa (cf. la B.M. à papa garé dans la ruelle d’à-côté), dans l’espoir de se faire sauter dans les plus brefs délais et plus si affinités. Après quelques manœuvres d’approches consistant principalement en discussions oiseuses et ironiques accompagnées de quelques gorgées d’alcools variés, notre jeune héros se retrouve plus ou moins flirter avec la dite Karine, qui visiblement ne semble pas du tout s’en offusquer. Jeune, blonde, dotée d’un corps tout à fait au goût de notre jeune héros ainsi que d’un solide sens de l’humour — que nous caractériserons par les mots ironie et dérision — Karine semble charmée par les avances de moins en moins voilées de notre camarade, et sans réellement y répondre avec toute la spontanéité à laquelle ce dernier aurait pu croire
pouvoir prétendre — étant donné l’immensité de son ego démesuré — elle le laisse tout du moins espérer à une issue un peu plus que favorable en ce qui concerne cette soirée. En clair : Y’a moyen de conclure, j’te dis !!!
Avec le recul, J’aurais tout de même dû me méfier dès ce moment-là de sa propension à me faire répéter plusieurs fois mes réponses, mais l’alcool aidant — il a bon dos, celui-là — je penchais volontiers pour une explication mettant plus en cause l’infernal niveau sonore de l’établissement dans lequel nous nous trouvions, plutôt qu’un quelconque désordre psychique, même passager. L’heure de la fermeture approchant, mes avances se faisaient de plus en plus directes et précises à l’égard de Karine, mais — car il faut bien l’avouer — malheureusement pour moi, plus je précisai mes désirs — tout ce qu’il y avait de plus concupiscent, mais cela tu l’avais déjà deviner, mon cher et clairvoyant lecteur attentif et assidu — plus la jeune fille semblait se faire un devoir d’y répondre de manière vague et brumeuse, m’expliquant, par exemple, que l’idée de passer du bon temps avec moi — en clair de niquer — la tentait bien, mais qu’elle n’était pas tout à fait maîtresse de son temps, tout accompagnée d’amis qu’elle était, et que par ailleurs une faim certaine et tenace la tenaillait, et qu’avant toute chose, il était de son intérêt le plus impérieux d’aller se restaurer... Prenant ces propos comme un refus, certes poli mais ferme de sa part, et étant sortit de table depuis peu, je refusais la proposition qu’elle me faisait de l’accompagner, elle et ses amis, au restaurant, ne sentant que trop venir l’issue probable d’une pareille réunion. Je n’avais, en effet, que très moyennement envie de la regarder manger pendant une heure pour m’entendre dire à l’issue du banquet, que cette rencontre était très sympathique, mais qu’elle devait se terminer là, car elle — la jeune fille, pas la rencontre, bandes de cancres irrécupérables que vous êtes ! — avait du travail le lendemain, ou tout autre prétexte du même acabit. Bon je sais, vous allez me dire que je suis un peu adepte du tout ou rien, mais qu’est-ce que vous voulez, d’une part, vous n’auriez pas tort et d’autre part, quand on a un mauvais pressentiment... enfin bref, vous savez ce que c’est. Néanmoins, dans l’hypothèse où tout ceci n’était pas voué à se terminer en eau de boudin, notre jeune héros eu tout de même la présence d’esprit de pratiquer un bon vieil échange de numéros de mobile, parce bon, on ne sait jamais, comme dirait l’autre : Le pire n’est pas toujours certain. Ni le Meilleur d’ailleurs...
Je laissais donc filer la donzelle vers des cieux plus roboratifs, et m’employai à occuper le temps qu’il nous restait — moi et mes collègues encore présents physiquement parlants, parce que au niveau psychique et spirituel, l’alcool ayant largement eu le temps de produire ses effets, on ne peut pas dire que c’était très reluisant... — à tirer dans cet établissement avant sa fermeture, à payer ce que je leur devais, et à ne pas céder à la tentation de fracasser le crâne de mon cher et sympathique collègue M. qui me gavait sérieux à me prendre comme sujet de ses moqueries afin de séduire la blondasse de son choix, ainsi qu’à prétendre en ne rigolant qu’à moitié — tout antisémitisme, même de bas étage et inconscient mis à part bien entendu... — que je n’avais pas du tout payé ce que je devais...
Je l’adore vraiment lui, c’est un poëme à lui tout seul : stupide, prétentieux, inculte et fier de l’être, incapable du moindre effort ni de la moindre remise en question, un sourire d’escroc digne d’un vendeur de voiture d’occasion pourries accroché à sa petite gueule d’amour, menteur mais mauvais, lâche, couard, arriviste comme pas deux, pute au dernier degré, médisant comme une teigne, avide de reconnaissance de contrebande, tellement peu soucieux de la qualité de son travail, se permettant de donner son avis sur tout à tous, irrespectueux jusqu’à l’outrage du travail des petites mains, droitiste convaincue par culture plus que par réflexion, coléreux par bêtise, arrangeant par intérêt, ne supportant pas qu’on ne puisse pas l’apprécier, et fuyant comme la peste toute situation où ses faiblesses pourrait être mis à jour................. Et encore je me contiens.
Je me retrouvais donc sur le trottoir devant le rade, en compagnie de M. et N., tiraillé entre l’envie de rentrer directement à l’hôtel sans me soucier plus avant de l’état dans lequel je les retrouverai, ou pas, le lendemain, ou celle de les corrompre afin de les amener à m’accompagner boire un ultime verre dans un quelconque bistrot de nuit toulousaine. Mais la vie faisant bien les choses, c’est ce moment que choisit mon téléphone pour sonner, me prévenant par là même que Karine avait réellement le vif et ardent désir que je la rejoigne — dans un premier temps... — dans le restau où elle était. Suite à des contingences et autres emmerdements techniques indépendants de notre volonté — rupture de réseau, friture sur la ligne, etc. — il se passa quelques minutes, où je dus subir les relents de mauvaise humeur avinée de mon collègue N. — au bout d’un certain stade, il a l’alcool mauvais... — aussi bien que les avances pressantes d’un jeune garçon gueulard et corpulent, avant que je puisse me rendre dans le restau en question.
Non mais sérieusement, je suis un peu trop crevé pour finir là tout de suite, donc je préfère finir un peu plus tard, et comme en même temps je ne voudrais pas vous priver du plaisir de me lire....
21:25 Publié dans à suivre (ou pas), D'un verre à l'autre, En errance... | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
15 mai 2006
Marcel m'a tuer
Pour répondre à la sollicitation d’Alméria, elle même soumise au dictat de l’Abscisse — et parce que l’idée d’être enchaîné à l’Anisée et au Chaa ne m’est pas tout à fait déplaisante — voici mes réponses au questionnaire de Marcel Proust.
Je précise par ailleurs que je déteste me livrer à ce genre d’exercice, alors j’espère bien que tu mesures — Lecteur attentif et assidu — à quel point il a fallu que je me fasse violence, pour arriver à ce résultat-là...
Le principal trait de mon caractère.
La Ténacité. Quand j’ai décidé d’avoir quelque chose, je suis pire qu’une hyène. Et Dieu sait que c’est tenace une hyène...
Marcel aurait dit : Le besoin d'être aimé et, pour préciser, le besoin d'être caressé et gâté bien plus que le besoin d'être admiré.
La qualité que je désire chez un homme.
Je ne sais pas, j’en fréquente peu. Non je déconne, à vrai dire ce serait une certaine légèreté d’esprit, une capacité à mettre une distance entre lui et les évènements de sa vie. Tout le contraire de mon père, quoi.
Marcel aurait dit : Des charmes féminins.
La qualité que je désire chez une femme.
À peu près la même chose, avec un appétit sexuel débridé en plus. Tout le contraire de ma mère, en fait.
Marcel aurait dit : Des vertus d'homme et la franchise dans la camaraderie.
Ce que j'apprécie le plus chez mes amis.
De passer outre les outrances de mon caractère. De m’aimer malgré moi.
Marcel aurait dit : D'être tendre pour moi, si leur personne est assez exquise pour donner un grand prix à leur tendresse.
Mon principal défaut.
L’orgueil quand il m’empêche d’agir pour mon bien, mon masochisme en fait.
Marcel aurait dit : Ne pas savoir, ne pas pouvoir « vouloir ».
Mon occupation préférée.
Baiser, baiser et encore baiser. Discuter pendant des heures au café, et parfois aussi, marcher tout seul dans la nuit méditerranéenne.
Marcel aurait dit : Aimer.
Mon rêve de bonheur.
Avoir le courage de vivre toutes mes envies.
Marcel aurait dit : J'ai peur qu'il ne soit pas assez élevé, je n'ose pas le dire, j'ai peur de le détruire en le disant.
Quel serait mon plus grand malheur ?
Un monde où tout serait connu, où il n’y aurait plus de possible...
Marcel aurait dit : Ne pas avoir connu ma mère ni ma grand-mère.
Ce que je voudrais être.
Un homme libre. Vraiment libre, autant dire que...
Marcel aurait dit : Moi, comme les gens que j'admire me voudraient.
Le pays où je désirerais vivre.
Le Paradis. Enfin celui de mon enfance, mais bon, j’y retourne quand je veux en pensé, alors...
Marcel aurait dit : Celui où certaines choses que je voudrais se réaliseraient comme par un enchantement et où les tendresses seraient toujours partagées.
La couleur que je préfère.
Non mais dites donc, je vous en pose des questions, moi ? Ceci dit c’est pas si con ce que tu dis, Marcel.
Marcel aurait dit : La beauté n'est pas dans les couleurs, mais dans leur harmonie.
La fleur que j'aime.
En ce moment les campanules.
Marcel aurait dit : La sienne- et après, toutes.
L'oiseau que je préfère.
Celui qui vient se réfugier dans mon nid.
Marcel aurait dit : L'hirondelle.
Mes auteurs favoris en prose.
En ce moment Dubois, Le Carre, Philipp Roth, Jonathan Coe, Melville, Scott Fitzgerald
Marcel aurait dit : Aujourd'hui Anatole France et Pierre Loti.
Mes poètes préférés.
Rimbaud, Shakespeare, et encore Rimbaud.
Marcel aurait dit : Baudelaire et Alfred de Vigny.
Mes héros dans la fiction.
Gatsby
Marcel aurait dit : Hamlet.
Mes héroïnes favorites dans la fiction.
Lucrèce Borgia
Marcel aurait dit : Bérénice.
Mes compositeurs préférés.
Bach et Olivier Messiaen.
Marcel aurait dit : Beethoven, Wagner, Schumann.
Mes peintres favoris.
Kandinsky, Modiglianni, Klimt...
Marcel aurait dit : Léonard de Vinci, Rembrandt.
Mes héros dans la vie réelle.
Orlando.
Marcel aurait dit : M. Darlu, M. Boutroux.
Mes héroïnes dans l'histoire.
Celles qui ont résisté.
Marcel aurait dit : Cléopâtre.
Mes noms favoris.
Ceux que je m’invente.
Marcel aurait dit : Je n'en ai qu'un à la fois.
Ce que je déteste par-dessus tout.
Le non-dit institutionnalisé.
Marcel aurait dit : Ce qu'il y a de mal en moi.
Caractères historiques que je méprise le plus.
Joker. Moi non plus je ne suis pas historien.
Marcel aurait dit : Je ne suis pas assez instruit.
Le fait militaire que j'admire le plus.
La prise de Massada. Parce moi, à la place des romains, je n’aurai même pas tenté...
Marcel aurait dit : Mon volontariat !
La réforme que j'estime le plus.
L’abolition de la peine de mort. Bon je sais c’est un peu bateau, mais bon...
Marcel aurait dit : ... (quelle grosse feignasse ce Marcel, même pas capable de répondre à ses propres questions...)
Le don de la nature que je voudrais avoir.
Un corps parfait, une incapacité à assimiler les graisses, la patience, et la méconnaissance du goût du renoncement.
Marcel aurait dit : La volonté, et des séductions.
Comment j'aimerais mourir.
En mer. Retour à la case départ en somme...
Marcel aurait dit : Meilleur - et aimé.
État présent de mon esprit.
L’insatisfaction de ne pas avoir fait ce que je m’étais promis de faire ce matin.
Marcel aurait dit : L'ennui d'avoir pensé à moi pour répondre à toutes ces questions.
Fautes qui m'inspirent le plus d'indulgence.
Celles qui ne compromettent pas le possible.
Marcel aurait dit : Celles que je comprends.
Ma devise.
« Trop bon, trop con ». Non je ne sais pas, Sûrement comme Alméria.
Marcel aurait dit : J'aurais trop peur qu'elle ne me porte malheur.
—————————
Bon, et bien moi je ne suis pas mécontent d’en avoir terminé.
À qui je refile le bébé ?
Bah, je sais pas moi, je suis pas si méchant que ça, moi.
14:30 Publié dans à suivre (ou pas) | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note



